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Maria Eugenia LONGO : INRS - UCS - Institut national de la recherche scientifique - Urbanisation Culture Société
En raison de la diversification des parcours biographiques et de la multiplication des sources d'inégalités, les politiques publiques d'insertion et d'emploi pour les jeunes se confrontent aujourd'hui à l'adaptation des pratiques à des besoins très variables. De plus, même si les interventions de l'État visent à la réduction ou la compensation des risques, elles sont susceptibles de créer des nouvelles inégalités là où elles sont censées les limiter. Le choix des populations-cible, la sélection des acteurs admissibles aux programmes, les temporalités des interventions, le type de solutions envisagées, l'offre des actions sur le territoire, la définition des expériences et des compétences à acquérir… sont quelques-unes des dimensions suscitant un accès inégal aux mesures de l'État dans ce domaine. Par ailleurs, ces dimensions participent au positionnement de l'État face aux nouvelles réalités du travail : la non-linéarité et la responsabilisation individuelle des parcours, la précarité professionnelle et les emplois atypiques, notamment pour les nouvelles générations des travailleurs. Nous allons explorer ces questions à partir de l'analyse de documents des programmes d’insertion dans le cadre d'une recherche actuelle sur les représentations de la précarité professionnelle chez les jeunes et dans les textes des politiques d'emploi, au sein de trois contextes (Canada, Argentine, France).
Un mouvement paradoxal touche nos sociétés actuelles : tandis que certaines des inégalités ont été réduites, d’autres émergent ou se renforcent dans les parcours de vie. Nos sociétés sont désormais confrontées à une accentuation rapide des inégalités sociales de revenus (Piketty, 2013). La crise, et les politiques d’austérité qu’elle a légitimées dans son sillage, sont venues accentuer certaines fragmentations et accélérer les trajectoires de différenciation sociale.
Or, particulièrement touchés par la crise et l’austérité, les jeunes sont au cœur de cette recomposition des inégalités. Si toutes les générations ont été touchées par la crise, on a assisté à une dynamique de concentration des difficultés potentielles parmi les jeunes adultes — particulièrement chez ceux entrant sur le marché du travail (taux de chômage accentué, augmentation accélérée du taux de pauvreté). Conjointement, un processus d’accentuation des inégalités intragénérationnelles se met en œuvre. Présent chez toutes les générations, ce processus est particulièrement sensible au moment de l’entrée dans la vie adulte.
Les contributions seront aussi bien théoriques qu’empiriques; elles pourront traiter de divers contextes nationaux et se structureront autour de trois dimensions :
1) identifier comment le contexte d’austérité affecte tant les conditions de vie des jeunes que les interventions publiques destinées à les soutenir;
2) analyser les politiques elles-mêmes et leurs effets (catégories instituées, angles morts et paradoxes) ainsi que les aspects des inégalités dans les parcours de vie des jeunes n’ayant pas encore fait l’objet d’interventions publiques;
3) confronter différents échelons politiques sur une dimension ciblée des inégalités; ou documenter un dispositif particulier en l’inscrivant dans ses liens à d’autres échelles territoriales de régulation.
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