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Stéphanie Larouche-Leblanc : Université de Montréal
Les mouvements de populations dus aux enjeux politiques et environnementaux à travers le monde, ajoutés aux besoins de certains pays d’augmenter leur démographie et de combler leurs besoins de main-d’œuvre, créent des sociétés de plus en plus hétérogènes sur des territoires donnés. Cette « super diversité » (Vertovec, 2007) fait donc émerger de nouveaux problèmes politiques et administratifs auxquels les institutions doivent faire face. C’est dans le cadre d’un projet de maîtrise que ce déroule cette recherche qui a comme objet d’étude un réseau de municipalités qui fut créé afin de parler des enjeux reliés à l’immigration en contexte urbain. Le Réseau des municipalités en immigration et relations interculturelles (RÉMIRI), est un réseau de concertation et d’entraide de fonctionnaires municipaux qui cherchent des outils afin de mieux répondre aux défis des nouvelles formes de diversité. La préoccupation des fonctionnaires municipaux de se voir attribuer de nouveaux mandats sans que les ressources nécessaires suivent, faisait aussi partie de la motivation de ceux-ci à s’organiser en réseau. De plus, des expériences au niveau international montrent la pertinence de travailler en réseau, surtout lorsqu’il s'agit des compétences municipales. L’objectif principal de la recherche est donc de comprendre comment les acteurs du RÉMIRI utilisent cette plateforme de concertation pour en arriver à répondre aux enjeux et défis croissants de la cohésion sociale en contexte pluriethnique.
Si la littérature sur la migration reste dominée par l’échelle nationale ou fédérale, il est généralement reconnu que les villes jouent un rôle important quant aux politiques et programmes visant l’intégration des nouveaux arrivants. L’étude des relations sociales dans les espaces urbains pluriethniques n’est pas nouvelle en sciences sociales. Le vaste champ de recherche sur l’ethnicité en contexte de migration, s’inspirant de la sociologie critique de l’École de Chicago mais aussi de l’anthropologie sociale de F. Barth et d’autres, a beaucoup contribué à notre compréhension des rapports sociaux dans les contextes pluriethniques. Des recherches sur les interactions dans les espaces publics des quartiers multiethniques ont démontré que les échanges sont souvent caractérisés par la civilité ou l’évitement, mais les dynamiques de la cohabitation continuent à être une source de préoccupation. Si les craintes à ce sujet reviennent souvent, c’est en partie parce que nous sommes mal outillés pour comprendre les dynamiques de la cohabitation et les paramètres de son fonctionnement. Une littérature récente se développe autour de la notion de « citoyenneté urbaine ». La citoyenneté urbaine demeure fragile parce que non inscrite dans un système de droits et de responsabilités; pourtant, plusieurs villes d’Europe ont été très actives dans l’obtention du droit de vote pour les immigrants sans statut officiel. D’un autre point de vue, la citoyenneté urbaine est plus accessible que la citoyenneté traditionnelle (passeport) puisqu’il est plus facile de s’identifier à une ville qu’à une nation. Dans ce colloque, nous examinons l’intérêt croissant pour l’échelle municipale comme objet d’étude et nous proposons un rapport plus étroit entre les approches citoyennes et les approches interculturelles dans l’analyse des dynamiques de cohabitation en contexte pluriethnique. (Bibliographie disponible sur demande)
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