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La conversion au pentecôtisme sous l’œil des femmes kaingang : transformations, adaptations et valorisation par suite de la conversion

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Marie-Charlotte Pelletier-De Koninck : Université de Montréal

Résumé de la communication

Depuis une vingtaine d’années, le nombre d’adeptes au Pentecôtisme, religion où plus des deux tiers sont des femmes (Hefner 2013), a significativement augmenté au sein des communautés autochtones du Brésil (Corten 1995). La popularité du Pentecôtisme auprès des femmes pose un paradoxe intéressant, car si cette religion défie la patriarchie en offrant des rôles spirituels aux femmes plus élargis, soit comme guérisseuse, pasteures ou prophètes, le Pentecôtisme prescrit toutefois souvent aux femmes de demeurer «soumises» aux hommes, renforce les rôles primaires d’épouse, de mère et offre une autorité limitée (Brusco 2010). Cette réalité est tout aussi vraie chez les Kaingang où les femmes doivent en plus composer avec une cosmologie et des traditions différentes qui sont parfois rejetées par certaines églises pentecôtistes. Cette présentation se basera sur une étude ethnographique réalisée au cours de l’été 2015 au sein des Kaingang de la Terra Indígena Xapecó. Il y sera traité des répercussions de la conversion au pentecôtisme pour les femmes kaingang sur leur mode de vie et leurs relations. La vie de ces femmes se trouve transformée sous plusieurs angles à travers l’adoption d’un mode de vie régulé par les enseignements de la Bible et l’orientation du soi vers Dieu. L’analyse des données démontre que la forte présence féminine au sein des églises ainsi que l’agentivité de ces dernières contribue à rendre positive et valorisante l’expérience de cette religion

Résumé du colloque

Si les premiers penseurs des sciences sociales des religions (Tylor, Durkheim) se sont d’abord penchés sur les sociétés dites « primitives », c’est parce qu’implicitement ils assimilaient culture et religion. Les travaux de Weber sur les liens entre religion et système économique participent de cette perspective, bien qu’élargissant la notion de culture. Les études sur les monothéismes et leurs prétentions universalistes amènent toutefois à s’interroger sur l’articulation entre le religieux et le culturel. L’intérêt que les sociétés occidentales portent aux traditions liées à des aires culturelles du Sud a également mis en évidence l’influence du paradigme chrétien sur la définition même de la religion. Alors que, dans la foulée de la modernité et de la globalisation, le thème de la dissociation religion/culture constitue désormais une rhétorique partagée par les acteurs religieux, force est de constater que les religions elles-mêmes tendent à repenser la pertinence et l’opportunité de s’inscrire dans des systèmes culturels locaux (théorie de l’inculturation catholique, réappropriation des idiomes locaux par les pentecôtismes, construction d’un islam moderniste, etc.) et, le cas échéant, les modalités de cette insertion. La sécularisation et la diversification religieuse des sociétés contemporaines complexifient le paysage en favorisant l’apparition de combinaisons symboliques rendues inédites par des jeux d’innovation du croire et de la pratique. Certains auteurs identifient des traits de religiosité dans des pratiques de l’ordinaire apparemment sécularisées. Un tel chevauchement se diffracte également dans les choix et modèles d’inclusion du religieux dans le lien social. Ce colloque organisé par la Société québécoise pour l’étude de la religion se veut un espace d’échanges interdisciplinaires sur les articulations et tensions qui animent la dynamique religion et culture.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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