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Ernest-Marie Mbonda : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Cette communication s’intéresse aux « épistémologies » décoloniales, et en particulier aux enjeux théoriques et éthiques de ces épistémologies. Elle s’appuiera notamment sur les deux orientations paradigmatiques que dessinent la négritude fondée sur la quête de la reconnaissance d’approches pouvant prétendre à une place respectable au soleil de la rationalité en dépit de leur réclusion dans le domaine des non savoirs et la tigritude qui fait valoir l’importance de l’affirmation de soi pour soi-même plutôt que pour autrui. A partir de ces deux orientations, mon objectif sera de voir dans quel sens la décolonisation des savoirs peut être analysée en termes de « justice épistémique ». S’agirait-il d’une question de reconnaissance et d’intégration des savoirs non occidentaux dans le corpus des savoirs philosophiques actuellement dominants dans les universités occidentales et même africaines (épistémologie de la négritude) ou plutôt d’une question de la possibilité pour les savoirs non occidentaux de se construire et de s’instituer en tant que savoirs, indépendamment de leur reconnaissance par les autres (épistémologie de la tigritude) ? La justice épistémique doit-elle être entendue comme une obligation positive de reconnaissance et d’intégration des savoirs non occidentaux dans les corpus épistémiques dominants ou comme une obligation négative de non entrave à la production, à la capitalisation à la valorisation et à la diffusion de ces savoirs ?
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.
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