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Pierre Gendreau-Hétu : Projets Québec ADNy/ADNmt
La francophonie d’Amérique trouve dans la révolution génomique un horizon scientifique et une perspective de développement dont les institutions d’enseignement supérieur et leurs sciences humaines peinent à prendre acte. La combinaison de la génomique et de la généalogie ne relève encore en Amérique du Nord francophone que d’initiatives citoyennes telles que les projets Québec ADNy et ADNmt.
Les implications de la généalogie génétique sont significatives sur le plan scientifique autant que communautaire. Le discours identitaire « post franco » trouve notamment dans cette généalogie expérimentale une puissante source d’inspiration. Des projets de généalogie rassemblent aujourd’hui des milliers de clients d’entreprises telles que Family Tree DNA mobilisés par des hypothèses à valider. Salive et archives collaborent à l’établissement des signatures ADN ancestrales.
La généalogie par ADN constitue un défi au cloisonnement universitaire, qu’il soit en son sein, entre disciplines et facultés, ou extra-muros. La diaspora franco nord-américaine tisse depuis une décennie une toile généalogique continentale, à la fine pointe de la génomique. Nombre de Nord-Américains d’origine laurentienne ou acadienne recherchent l’épicentre de leurs origines par une généalogie de haute technologie. L’important projet à Québec d’un Carrefour de généalogie de l’Amérique francophone répond précisément à cet intérêt retrouvé chez une diaspora virtuelle dont souvent seul le nom de famille parle français.
Nous souhaitons dresser un bilan, tout en interpellant les chercheurs communautaires, gouvernementaux et universitaires au sujet des perspectives d’avenir du champ sur les francophonies d’Amérique. Nous souhaitons particulièrement explorer les apports potentiels d’une plus grande interdisciplinarité et d’un plus grand recours à la comparaison interrégionale.
Après l’abandon progressif de la logique canadienne-française dans les années 1970, la recherche sur les francophones hors Québec a suscité l’émergence de thématiques originales liées au fait minoritaire, à la gouvernance, à l’espace ou à l’identité, par exemple. Depuis le début des années 1990, les études portant sur les francophones en situation minoritaire s’avèrent, en outre, de plus en plus nombreuses. À ce titre, si les réseaux de chercheurs et d’organismes communautaires bâtissent davantage de ponts entre les régions, les distinctions et la distance entre les communautés francophones du continent ont réduit les occasions pour les chercheurs universitaires et communautaires de bâtir des savoirs réellement partagés au sein d’un champ de recherche. Il en résulte davantage d’études de cas, associées notamment à des régions spécifiques, qui gagneraient à être intégrées à des perspectives comparatives engageant diverses disciplines.
Un autre cloisonnement des savoirs pourrait également être évoqué, soit celui des connaissances universitaires (disciplinaires), gouvernementales et communautaires. Il y aurait lieu de s’interroger sur les potentialités stratégiques et synthétiques de ces collaborations, qui demeurent le plus souvent ponctuelles.
Plus particulièrement, nous invitons des propositions sur les thèmes suivants :
— La mise en dialogue et en comparaison des différents espaces francophones;
— Des francophonies d’Amérique à la rencontre d’autres réalités minoritaires;
— La mise en dialogue et en comparaison des différents savoirs sur les francophonies d’Amérique.
Titre du colloque :