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Marta Massana Macià : Université de Montréal
Le rapport entre les institutions et les acteurs qui les conforment fait partie d’un des débats classiques en sciences sociales. Ainsi, plusieurs approches ont été apparues au cours des dernières décennies portant de manière spécifique sur ce rapport à l'échelle municipale.
Ce riche débat multidisciplinaire a permis de saisir plusieurs facteurs explicatifs de l’action et du fonctionnement institutionnel. Cependant, mes recherches doctorales ont mis en lumière la présence d’une nouvelle variable explicative, dans l’interaction avec d’autres facteurs, intervenant dans l’agir au sein des institutions : la mémoire ou conscience historique. La mobilisation de cette mémoire et leurs effets concernent autant les acteurs institutionnels que l’institution en tant que « tout » agissant aussi sur les volontés individuelles. Ainsi, présente le résultats préliminaires de mes recherches et qui tiennent compte de la « mémoire » comme créateur des (dys)fonctions dans l’agir des institutions. Il s’agit ainsi, d’appréhender l’institution et leur action comme le produit de la confluence des facteurs et d’interactions dont la conscience historique.
Parmi les plusieurs effets institutionnels de la mobilisation de cette mémoire se retrouve la reconnaissance, auquel je vais m’axer davantage pour cette communication.
Si la littérature sur la migration reste dominée par l’échelle nationale ou fédérale, il est généralement reconnu que les villes jouent un rôle important quant aux politiques et programmes visant l’intégration des nouveaux arrivants. L’étude des relations sociales dans les espaces urbains pluriethniques n’est pas nouvelle en sciences sociales. Le vaste champ de recherche sur l’ethnicité en contexte de migration, s’inspirant de la sociologie critique de l’École de Chicago mais aussi de l’anthropologie sociale de F. Barth et d’autres, a beaucoup contribué à notre compréhension des rapports sociaux dans les contextes pluriethniques. Des recherches sur les interactions dans les espaces publics des quartiers multiethniques ont démontré que les échanges sont souvent caractérisés par la civilité ou l’évitement, mais les dynamiques de la cohabitation continuent à être une source de préoccupation. Si les craintes à ce sujet reviennent souvent, c’est en partie parce que nous sommes mal outillés pour comprendre les dynamiques de la cohabitation et les paramètres de son fonctionnement. Une littérature récente se développe autour de la notion de « citoyenneté urbaine ». La citoyenneté urbaine demeure fragile parce que non inscrite dans un système de droits et de responsabilités; pourtant, plusieurs villes d’Europe ont été très actives dans l’obtention du droit de vote pour les immigrants sans statut officiel. D’un autre point de vue, la citoyenneté urbaine est plus accessible que la citoyenneté traditionnelle (passeport) puisqu’il est plus facile de s’identifier à une ville qu’à une nation. Dans ce colloque, nous examinons l’intérêt croissant pour l’échelle municipale comme objet d’étude et nous proposons un rapport plus étroit entre les approches citoyennes et les approches interculturelles dans l’analyse des dynamiques de cohabitation en contexte pluriethnique. (Bibliographie disponible sur demande)
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