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La notion de littératie comme relevant d’une sémantique de l’action : l’exemple de son recours dans la presse écrite québécoise

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Isabelle Rioux

Résumé de la communication

Dans le champ de la recherche en sciences sociales et en éducation et formation des adultes, on distingue deux principales conceptions du recours au terme de littératie : une conception plutôt cognitive, qui conçoit la littératie comme relevant de capacités fonctionnelles au lire-écrire et une autre, socioculturelle, mettant l’accent sur les liens entre les contextes sociaux et les pratiques liées au lire-écrire. Mais peu importe la conception sous-jacente, il semblerait, du moins en francophonie, que le recours à cette notion ne soit pas neutre, la notion étant porteuse d’un certain poids axiologique. Notamment, cette notion est parfois associée à un discours de déficit, ce qui peut avoir comme conséquence un effet de stigmatisation auprès des populations dites de faible niveau de littératie. Dans cette présentation, je me propose d’envisager la notion de littératie comme relevant d’une sémantique de l’action (Barbier, 2000), soit comme une notion qui est plutôt porteuse d’une visée transformative plutôt que d’une visée d’intelligibilité des phénomènes sociaux liés au lire-écrire. Je vais dégager différentes caractéristiques du recours au terme de littératie relevées dans certains quotidiens de la presse écrite québécoise. S’en suivra une discussion sur les défis liés à la transposition de cette notion d’un champ de recherche à un champ de pratique et sur la nécessité de vigilance quant aux incidences du recours à une notion socialement connotée.

Résumé du colloque

L’écrit et la littératie des adultes et des jeunes adultes peuvent être vus comme constitutifs d’un vaste domaine de pratiques et de recherches. Le sens des notions et des concepts qui sont rattachés à l’écrit diffère selon les communautés de recherche et les langues, mais aussi selon les approches, c’est-à-dire les manières générales d’aborder un objet d’étude (systèmes de significations, concepts, méthodes, discipline de référence). Ces différences posent de nombreux défis d’ordre épistémologique et méthodologique, de même que pour le travail d’appropriation par les milieux de l’intervention. Fraenkel et Mbodj (2010) ainsi que Barton et Papen (2010) ont entamé une discussion sur les divergences et convergences entre les concepts mobilisés dans les sphères francophones et anglophones de recherches sur les pratiques de l’écrit et la littératie. Une réflexion a aussi été amorcée (Mercier et Bélisle, 2015) sur les approches dites cognitive et socioculturelle de l’écrit et de la littératie. Si la première, dominante, est centrée sur les compétences et fait des emprunts à la psychologie cognitive, la seconde fait des emprunts à la sociologie et à l’anthropologie pour comprendre les activités ou pratiques des individus ou des collectivités dans un contexte spécifique d’usage de l’écrit. En même temps, certains travaux laissent présager un rapprochement de paradigmes entre ces deux approches.

Ainsi, le but de ce colloque est de faire le point sur les concepts mobilisés dans les recherches sur l’écrit et la littératie conduites avec une approche socioculturelle, notamment dans le contexte franco-américain. Il s’articule autour de deux axes de convergences :

– l’axe du sens des notions et des concepts, incluant leur flou sémantique, dans les sphères anglophones et francophones des recherches sur l’écrit ou la littératie;

– l’axe des approches socioculturelles de l’écrit et de la littératie, incluant les possibles rapprochements de paradigmes avec les approches qui s’intéressent aux compétences.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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