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La notion de rétrochoc culturel : pour combler un vide conceptuel dans un modèle interculturel général et systémique

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Danielle Gratton : Université de Montréal

Résumé de la communication

Cette présentation propose un nouveau modèle interculturel général et systémique, développé lors d’une recherche action (2000-2008) réalisée à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre pour adapter le Programme-cadre de formation interculturel (1996, 1998) du ministère de la Santé et des services sociaux (MSSS) afin répondre aux besoins des intervenants et aux enjeux complexes de ce milieu. Il a fallu revoir les travaux de M. Cohen-Emerique, pour y ajouter ceux de K. Das. Il est apparu que la notion de choc culturel était insuffisante pour cerner la complexité des expériences interculturelles. La notion de rétro-choc culturel a été introduite pour combler ce vide. Cet apport facilite l’harmonisation entre les compétences interculturelles individuelles et les compétences interculturelles organisationnelles, aussi essentielles. Le modèle présenté est axé sur l’efficacité des actes à poser, dans chaque contexte particulier. Il ne place toutefois pas la responsabilité des interactions uniquement sur les personnes. Il comprend quatre domaines conceptuels : les conditions de la rencontre ; le contexte de la rencontre ; la situation ; le processus d’analyse de l’interaction interculturelle. Les deux premiers domaines ont une influence sur chaque situation. La décrire et l’analyser demande le développement de compétences interculturelles individuelles, comme mobiliser les compétences interculturelles organisationnelles qui se situent au niveau du contexte.

Résumé du colloque

Si la littérature sur la migration reste dominée par l’échelle nationale ou fédérale, il est généralement reconnu que les villes jouent un rôle important quant aux politiques et programmes visant l’intégration des nouveaux arrivants. L’étude des relations sociales dans les espaces urbains pluriethniques n’est pas nouvelle en sciences sociales. Le vaste champ de recherche sur l’ethnicité en contexte de migration, s’inspirant de la sociologie critique de l’École de Chicago mais aussi de l’anthropologie sociale de F. Barth et d’autres, a beaucoup contribué à notre compréhension des rapports sociaux dans les contextes pluriethniques. Des recherches sur les interactions dans les espaces publics des quartiers multiethniques ont démontré que les échanges sont souvent caractérisés par la civilité ou l’évitement, mais les dynamiques de la cohabitation continuent à être une source de préoccupation. Si les craintes à ce sujet reviennent souvent, c’est en partie parce que nous sommes mal outillés pour comprendre les dynamiques de la cohabitation et les paramètres de son fonctionnement. Une littérature récente se développe autour de la notion de « citoyenneté urbaine ». La citoyenneté urbaine demeure fragile parce que non inscrite dans un système de droits et de responsabilités; pourtant, plusieurs villes d’Europe ont été très actives dans l’obtention du droit de vote pour les immigrants sans statut officiel. D’un autre point de vue, la citoyenneté urbaine est plus accessible que la citoyenneté traditionnelle (passeport) puisqu’il est plus facile de s’identifier à une ville qu’à une nation. Dans ce colloque, nous examinons l’intérêt croissant pour l’échelle municipale comme objet d’étude et nous proposons un rapport plus étroit entre les approches citoyennes et les approches interculturelles dans l’analyse des dynamiques de cohabitation en contexte pluriethnique. (Bibliographie disponible sur demande)

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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