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Michèle Diotte : Université d'Ottawa
En matière de liberté sexuelle, les notions d’autonomie et de consentement sont généralement considérées comme deux assises incontournables. Bien que certaines législations, telle que la Charte canadienne des droits et libertés, garantissent la «liberté» pour tous sans discrimination, certaines restrictions semblent pourtant opérer «au nom de la morale publique, de l’égalité des sexes, de la protection des faibles ou de la dignité humaine» (Borrillo, 2005: 39). Dans le cas des personnes considérées «en situation de handicap cognitif», ces questions d’autonomie et de consentement sont particulièrement sensibles. Sachant que la légitimité de l’activité sexuelle découle de cette capacité à consentir, la façon dont se construit l’agencéité sexuelle de ces personnes influe sur la licéité ou l’illicéité de leurs rapports sexuels. Dans le cadre de cette présentation, nous proposons de discuter des logiques de production des savoirs scientifiques à propos du sexe et du handicap cognitif. Ainsi, nous aborderons les différents savoirs à travers lesquels se construit la sexualité de ces personnes, en Amérique du Nord et en Europe.
Ce colloque vise à ouvrir un espace d’échange parmi les chercheurs en sciences sociales francophones travaillant sur les questions de sexualité. L’objectif est de discuter à la fois des conditions sociales de la production des savoirs et des manières de faire la recherche sur le sujet.
Les recherches sur les enjeux sexuels ont désormais acquis un statut légitime au sein des disciplines de sciences sociales. Si l’épidémie de VIH/sida a constitué un levier important pour le financement et le développement de ces travaux dans les années 1980 et 1990, les thématiques et les intérêts sont aujourd’hui très diversifiés : conjugalité, violences, santé-prévention, pornographie, rencontres en ligne, travail du sexe, etc. Cette diversification se traduit également par un morcellement du domaine, peu propice à des réflexions théoriques transversales.
Durant ce colloque, nous proposons d’effectuer un pas de côté relativement aux objets de recherche pour mieux saisir les logiques de la production des savoirs autour de la sexualité. Les différentes sessions aborderont donc ces dimensions épistémologiques et méthodologiques. Ancré dans les contextes francophones, le colloque permettra de s’interroger sur les circulations intellectuelles au sein de différents contextes nationaux. On s’intéressera également à la pratique de la recherche à travers les questionnements autour de la subjectivité du chercheur et des enjeux éthiques, mais aussi des innovations méthodologiques. Enfin, une attention particulière sera portée aux disciplines de la sexualité : anthropologie, criminologie, histoire, sciences politiques, sexologie, sociologie, travail social, etc. En d’autres termes, on abordera la manière dont les sciences sociales produisent du savoir sur le sujet, en particulier dans des environnements scientifiques ou des projets pluridisciplinaires.
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