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Virginie Gaquière : Association québécoise des technologies
80% d’hommes composent le secteur des technologies de l’information et des communications, ce qui en fait un milieu traditionnellement masculin. L’Association québécoise des technologies (AQT) a lancé le tout premier programme de mentorat à destination des femmes cadres et présidentes au printemps 2016 pour les soutenir dans leur cheminement professionnel. Ce sont 5 présidentes et 7 gestionnaires qui, grâce à des dyades mixtes ou homogènes, ont bénéficié de ce mode d’accompagnement unique pour surmonter les défis inhérents à leur carrière.
L’expérience de l’AQT démontre que de proposer un programme de mentorat structuré et formel aux femmes est un outil puissant pour :
- surmonter leur manque de confiance en elles;
- incarner leur propre leadership dans un milieu traditionnellement masculin;
- mener une réflexion sur leurs ambitions professionnelle et personnelle;
- être conseillées sans jugement de la part d’un tiers.
Notre communication se propose de présenter les différents obstacles qui parsèment la carrière des femmes en TIC, de partager les retombées de nos 12 mois de relation mentorale, et enfin de suggérer des pistes d’intervention pour permettre aux femmes d’envisager une carrière durable et prospère au sein des TIC.
Les avancées en faveur de l’égalité ont permis aux femmes de s’insérer dans le marché du travail et de progresser dans certains emplois historiquement masculins. Or, le parcours des femmes dans certains de ces métiers et professions est toujours complexe. Des statistiques montrent les écarts persistant entre les femmes et les hommes. Par exemple, seulement 27 % des effectifs étudiants au baccalauréat en génie civil étaient des femmes entre 1999 et 2005, et celles-ci ne représentaient en 2013-2014 que 13,6 % des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Sévigny et Deschênes, s.d.). Même dans les secteurs marqués par la féminisation de la main-d’œuvre, des écarts sont présents. Alors qu’elles constituent 62 % des étudiants et étudiantes dans les facultés de médecine (Collège des médecins du Québec, 2013), les femmes médecins sont très présentes dans certaines spécialités (52 % en gériatrie, 51 % en pédiatrie et 45 % en dermatologie) mais largement sous-représentées dans d’autres (8 % en chirurgie cardiaque, 10 % en neurochirurgie, 11 % en chirurgie orthopédique et 13 % en urologie).
Les recherches déjà réalisées ciblent certains éléments pour expliquer ces constats. Les femmes se sentent marginalisées et dévaluées comparativement à leurs collègues masculins (Fotaki, 2013). Elles subissent toujours des effets négatifs associés à la maternité et à la conciliation travail-famille (Carvajal et coll., 2012; Evers et Sieverding, 2014; Schroeder et coll., 2013; Sheltzer et Smith, 2014; Van den Brink, 2011). Elles expriment le besoin de mettre en place des politiques et mécanismes de soutien tels que des garderies ou des programmes de mentorat (Muhlenruch et Jochimsen, 2013; Pereira, 2014).
Ce colloque propose de faire le point sur les facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec afin de définir les enjeux persistants ainsi que les pratiques porteuses pour les changements organisationnels et sectoriels.
Titre du colloque :