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Antoine Daban : Université d'Orléans
Depuis 1985, le secteur brassicole français observe l’apparition d’un nouvel acteur : la microbrasserie. Au sein d’un marché brassicole oligopolistique et désincarné, comment ces micro-entreprises ont-elles su se réinventer ? Notre hypothèse interroge la place de la promenade comme argument marketing : local, patrimonial et naturel. Par l’intermédiaire de questionnaires, deux enquêtes ont été réalisées, permettant la définition d’un échantillon de 780 microbrasseries, et deux routes de la bière. Celles-ci permirent la mesure quantitative et spatiale de 2 variables ; l’ouverture à la visite des entreprises et la composition des routes de la bière. De l’étude de ces données se dégagent trois grands résultats : La généralisation et l’agrémentation de promenades au sein des entreprises brassicoles. La construction de ces promenades autour d’identité originale. Et la mise en avant d’un paysage brassicole réinventé. Ceci tend à confirmer le caractère marketing de promenades ancrées localement autour d’aspects patrimonial et naturel. Une conception tryptique de la promenade, propre à développer l’empathie et l’identification à l’entreprise et ses produits, suivant les courants actuels locavore, slow food et bio.
Alors que plusieurs villes se dotent de promenades urbaines (Québec, New York , Bordeaux, Montréal, Saragosse, etc.), que les artistes mobilisent également la promenade comme acte de création, que les citoyens et les organismes communautaires travaillent à travers la création de promenades à se réapproprier leur quartier et à le faire connaître, la nécessité d’organiser un colloque sur cette thématique s’impose. D’autant plus, que les effets positifs de la promenade sur la pensée, la santé, la mise en scène, la création et la découverte sont indéniables et documentés par différentes disciplines (sociologie, géographie, histoire, art, littérature, etc.). En effet, dès l’antiquité la promenade est mobilisée par les philosophes, ensuite par les écrivains, les grands penseurs, les artistes, les citoyens, etc. Qu’en est-il de nos jours? Que nous dit la promenade sur la relation des individus à la ville, qu’ils en soient habitants ou touristes? Sur la façon dont elle est mobilisée pour donner du sens au lien nature-ville, mais également pour explorer, analyser et s’approprier les interstices de la ville? Pour tenter de répondre à ces questions, nous nous référerons, d’une part, à la promenade en tant qu’activité et espace de loisir que l’on aménage selon certains principes, et, d’autre part, à la promenade porteuse de création tant artistique que citoyenne pour donner à voir et à vivre certains espaces différemment, et, enfin, à la promenade comme approche pédagogique immersive et réflexive à la fois.
Titre du colloque :