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La réduction de pesticides au Québec : avez-vous pensé aux alternatives?

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Fabrice Kamion : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Le système agricole québécois est essentiellement dominé par la monoculture intensive. Ce modèle d’agriculture fait appel entre autres à un usage accru des intrants chimiques dont les pesticides. Plusieurs études de par le monde révèlent des externalités négatives de ces produits sur la santé et l’environnement. Bien que le gouvernement du Québec se soit doté des différentes stratégies pour réduire l’utilisation des pesticides, la province peine à atteindre ses cibles. Le vérificateur général du Québec a dressé un portrait préoccupant: le bilan de ventes indique une tendance à la hausse soutenue, la présence des pesticides a été détectée dans l’eau (souterraine et surface en milieu agricole), les mesures mises en places sont insuffisantes afin d’influencer les agriculteurs à opter pour des pratiques respectueuses de l’environnement, peu de mesures réglementaires sont déployées afin de réduire l’usage des pesticides en agriculture.

Afin d’y remédier, nous estimons nécessaire de repenser ce modèle d’agriculture. À cet effet, il existe plusieurs alternatives aux pesticides, et ce, de différents ordres : stratégies agricoles, mesures sociopolitiques et économiques etc. Dans le contexte québécois, l’agriculture biologique et les mesures sociopolitiques et économiques sont deux stratégies qui peuvent aider la province à atteindre ses objectifs de réduction des pesticides.

Résumé du colloque

Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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