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Marie-Hélène April : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
La Stratégie phytosanitaire québécoise en agriculture (SPQA) vise une réduction de 25 % des risques pour la santé et pour l’environnement liés à l’utilisation des pesticides en milieu agricole d’ici 2021. Elle vise également à accroître l’adoption de la gestion intégrée des ennemis des cultures. La mise en œuvre de cette stratégie est sous la responsabilité du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, du ministère de la Santé et des Services sociaux, de l’Union des producteurs agricoles et d’autres partenaires sectoriels.
Afin de réduire les risques environnementaux ainsi que l’exposition des travailleurs et de la population aux pesticides, des aides financières sont offertes aux producteurs; de nombreux projets sont financés (ex. le programme Prime-Vert) pour développer des moyens et des stratégies de lutte contre les ennemis des cultures à moindre risque; et divers services et outils sont développés, tels le Réseau d’avertissements phytosanitaires, SAgE pesticides, IRPeQ-express et la Trousse d’information sur les pesticides : pour protéger l’environnement et la santé humaine.
La SPQA porte fruit : les interventions gouvernementales en matière de pesticides sont concertées et convergent toutes vers une réduction des risques des pesticides pour la santé et pour l’environnement en assurant de la viabilité aux entreprises agricoles.
Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.
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