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Claudia Corriveau : Université Laval
Chaque recherche menée en partenariat avec des acteurs de l’enseignement suppose une négociation constante entre ceux-ci. Même lorsque l’accent est mis sur la collégialité et le développement d’une culture de collaboration comme le suggère Fullan (1990), à un moment donné, des idées, des objets et des situations sont apportés par un membre dans le but de les soumettre aux autres. Dans le cadre de cette présentation, il sera question d’une réflexion autour de l’utilisation de « tâches mathématiques » comme objet frontalier. Des tâches mathématiques ont été suggérées par une chercheure dans le cadre d’une recherche collaborative avec des enseignants. Lorsqu’offertes aux enseignants, ces situations ont été soumises à un processus de négociation s’hybridant et forçant un changement à la fois dans les postulats de départ de la chercheure, mais aussi chez les participants. Nous proposons ici de présenter, à travers l’examen d’une tâche précise, comment cela s’est produit chez une chercheure et une enseignante.
Ce colloque s’appuie sur celui de 2016, « PÉRISCOPE : méthodologies dérivées de perspectives socioculturelles pour composer avec les enjeux de la recherche en partenariat », et il approfondit certaines des thématiques abordées. Nous proposons de rassembler des chercheurs et des praticiens en éducation qui collaborent en adoptant une démarche d’expérimentation de devis (Breuleux et al., 2002) ou recherche-intervention en mode coconception (« design-based implementation research », DBiR; voir Penuel et al., 2011) dans le cadre de partenariats recherche-pratique (Coburn et al., 2016). Ces équipes collaborent afin de créer des activités d’apprentissage stimulantes (coconception) et de réfléchir conjointement en vue d’apprendre en transformant l’objet de leurs activités et d’améliorer les pratiques. Nous considérons la conception collaborative et la réflexion comme des activités frontalières entre l’enseignement et la recherche, médiées par des artéfacts porteurs de la pratique (surtout, mais pas uniquement, des enregistrements vidéo d’événements en classe).
Dans ce contexte, le colloque se veut une occasion d’examiner les passages frontaliers (« boundary crossing ») entre les pratiques de recherche et d’enseignement. Nous voulons plus particulièrement partager les expériences concrètes de partenariat et de collaboration où des données riches provenant des pratiques (par exemple des captations vidéo d’activités en classe, des documents, la tâche mathématique) servent d’objets frontaliers (« boundary objects ») pour étayer la réflexion collective sur les pratiques. Les différentes communautés de pratique que sont la recherche et l’enseignement abordent ces données et utilisent ces outils de manières différentes, mais compatibles et complémentaires. La théorie des communautés de pratique (Wenger, 1998) et la théorie de l’activité (Engeström, 1987; Engestrom, 2014; Engeström et Sannino, 2010; Virkkunen et Newnham, 2013) servent de cadres conceptuels pour l’exploration de ces pratiques frontalières.