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Mamadou V L SANÉ : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le Québec a toujours fait de la réussite scolaire des élèves une priorité. C'est pour ainsi dire la force sous-jacente qui a donné lieu à l'implantation de nombreuses réformes (Rapport Parent, 1960 ; États généraux sur la qualité de l'éducation, 1985 et États généraux sur l'éducation, 1995-1996), entre autres. Étant donné le rôle que jouent les directions d'établissement dans la réussite des élèves, on exige de ces derniers des compétences au plan pédagogique et administratif (MELS, 2008); au nombre de celles-ci, une formation universitaire de 2e cycle ainsi qu'une expérience en enseignement.
Nonobstant ces exigences, force est de constater que le taux de réussite scolaire des élèves dans la province est faible et cette situation est beaucoup plus marquée dans les écoles secondaires situées en milieux défavorisés sur l'Île de Montréal; il s'agit là de notre terrain d'investigation
L'étude a été menée dans 20 écoles secondaires pendant deux années; des questionnaires ont été proposés aux directions d'établissements (n = 40); ces dernières se sont vues soumettre des questionnaires (n = 20); on a également recueilli auprès d'elles des informations sur les difficultés d'apprentissage des élèves. L'étude a permis de comprendre les mécanismes de transfert des compétences anticipés, mais a également permis de saisir l'insuffisance des dites compétences afin de faire face aux nombreux défis liés à la réussite des élèves.
Les directions d’établissement scolaire sont confrontées à des défis de gestion de plus en plus complexes (Gravelle, 2012; Trudeau, 2013) : pédagogiques, organisationnels, relationnels, budgétaires, psychologiques. Ainsi, une formation en contexte formel préalable à l’exercice de la fonction de direction semble souhaitable, voire nécessaire (Cattonar et coll., 2007; McCarthy et Forsyth, 2009). À cet effet, plusieurs universités canadiennes ont mis en place des programmes de formation, souvent de deuxième cycle, avec l’intention d’outiller ces directions, tant dans l’exécution des tâches quotidiennes que dans le développement d’une pensée critique et réflexive (IsaBelle et coll., 2008; Lapointe et Langlois, 2004). Des études démontrent également les bienfaits de la formation en contextes non formel et informel, quant au développement et à la consolidation de compétences chez les directions (IsaBelle, Meunier, Gélinas Proulx, 2016). Ces formations, initiales ou continues, doivent produire des connaissances qui soient « rapides à intégrer, simples à comprendre, utiles, pertinentes, applicables directement et [qui] s’alignent sur des besoins actuels » (Marion et Houlfort, 2015, p. 76). Or, il subsiste, à l’heure actuelle, un écart considérable entre la production de ces connaissances probantes issues de la recherche et l’utilisation de celles-ci dans la pratique (Landry et coll., 2008).
Quelle est la place accordée aux formations, formelles, non formelles et informelles? Comment les définit-on? Quelles sont les meilleures pratiques de transfert des connaissances? Qu’en est-il du réel transfert des connaissances et des compétences à la suite de ces formations? Quelles sont les stratégies utilisées pour favoriser l’application des connaissances transférées? Ces questions méritent des réponses afin d’offrir des formations adaptées et de contribuer au développement professionnel des directions d’établissement d’enseignement qui doivent viser la réussite éducative de leurs élèves.
Les objectifs du colloque consistent à :
– comprendre les mécanismes et les étapes de transfert de connaissances issues de la recherche et de la pratique professionnelle;
– permettre de diversifier et de renforcer les stratégies des formations en administration de l’éducation;
– favoriser le rayonnement de l’administration de l’éducation dans les milieux scientifiques, universitaires et professionnels;
– promouvoir les échanges entre les participants au sujet des formations et de la recherche en administration de l’éducation;
– faciliter la diffusion des réalisations liées à ce domaine;
– développer des partenariats avec divers organismes du domaine de l’éducation.
L’édition 2017 sera marquée par la thématique du transfert des connaissances en administration de l’éducation, par une formule renouvelée permettant un meilleur transfert de connaissances durant le colloque et par le lancement du premier numéro de la revue ERAdE : Enseignement et recherche en administration de l’éducation.
Titre du colloque :