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Emanuel Guay : UQAM - Université du Québec à Montréal
Mon intervention se propose d’étudier les impacts différenciés des politiques néolibérales en fonction des catégories d’appartenance ethnoraciales qui composent nos sociétés et des inégalités d’accès aux ressources qui divisent ces catégories entre elles. L’hypothèse avancée sera qu’un portrait complet des inégalités engendrées et maintenues par un régime d’accumulation néolibéral ne peut être dressé qu’en prenant en compte la manière dont les coupures dans les services publics, la stagnation des salaires et les politiques de workfare affectent d’abord les catégories les plus précaires économiquement, une distinction de classe qui recoupe largement les inégalités racialisées dans l’accès à l’emploi, au logement, face au système de justice criminel, etc. Ces idées seront développées à partir des cas américains et canadiens, en y étudiant les discriminations racialisées qui y persistent et les manières dont ces dernières sont prises en compte – ou ignorées – dans l’opinion publique.
Tant à des fins analytiques que militantes, la notion de néolibéralisme est de plus en plus utilisée en sciences sociales et dans l’espace public pour désigner l’évolution actuelle de nos économies — en y associant, entre autres, l’augmentation des inégalités, la montée d’un individualisme méritocratique qui vient justifier ces mêmes inégalités, etc. Par l’entremise d’une réflexion sur le néolibéralisme comme stratégie de relance économique et mode de gouvernement, notre séance se propose d’étudier l’état de nos sociétés depuis la crise financière de 2008. Nous traiterons donc des rapports entre la financiarisation des économies capitalistes avancées et l’augmentation des inégalités qui s’y observe depuis quelques décennies ainsi que des croisements entre cet accroissement des inégalités socioéconomiques et le renforcement d’autres axes d’inégalité tels que le genre et la race. L’effet du néolibéralisme nous semble double, soit, d’une part, de contribuer à l’augmentation notable des inégalités et, d’autre part, de rendre difficile la dénonciation de ces mêmes inégalités en fonction d’identités collectives incarnées par des groupes de revendication, des syndicats et des mouvements sociaux. Nous conclurons en examinant les manières de résister au système néolibéral, en proposant notamment des articulations entre les différentes forces progressistes et en promouvant d’autres formes de vivre-ensemble.
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