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Yves-Marie Abraham : HEC Montréal
Le néolibéralisme est généralement associé à l’idée que le marché serait devenu ou redevenu le mode de coordination dominant de l’activité économique dans nos sociétés. En prenant appui sur le travail du sociologue Andreu Solé, nous soutiendrons que ce n’est pas le marché, mais l’entreprise qui constitue la force organisatrice de notre monde aujourd’hui. Dans cette perspective, le néolibéralisme apparaît comme une idéologie qui a fortement favorisé la montée en puissance de l’entreprise dans nos sociétés; à tel point que nous pouvons parler à présent d’ « Entreprise-monde », manière de souligner que notre monde est conçu par et pour l’entreprise. Résister au néolibéralisme, c’est donc d’abord et avant tout lutter contre l’entreprise, et non pas contre le marché qui n’est jamais qu’une chimère. Quant à cette résistance, elle aurait sans doute tout intérêt à prendre appui sur le modèle des « communs », qui semble offrir la possibilité d’échapper à l’alternative État/Entreprise dont nous sommes prisonniers depuis trop longtemps.
Tant à des fins analytiques que militantes, la notion de néolibéralisme est de plus en plus utilisée en sciences sociales et dans l’espace public pour désigner l’évolution actuelle de nos économies — en y associant, entre autres, l’augmentation des inégalités, la montée d’un individualisme méritocratique qui vient justifier ces mêmes inégalités, etc. Par l’entremise d’une réflexion sur le néolibéralisme comme stratégie de relance économique et mode de gouvernement, notre séance se propose d’étudier l’état de nos sociétés depuis la crise financière de 2008. Nous traiterons donc des rapports entre la financiarisation des économies capitalistes avancées et l’augmentation des inégalités qui s’y observe depuis quelques décennies ainsi que des croisements entre cet accroissement des inégalités socioéconomiques et le renforcement d’autres axes d’inégalité tels que le genre et la race. L’effet du néolibéralisme nous semble double, soit, d’une part, de contribuer à l’augmentation notable des inégalités et, d’autre part, de rendre difficile la dénonciation de ces mêmes inégalités en fonction d’identités collectives incarnées par des groupes de revendication, des syndicats et des mouvements sociaux. Nous conclurons en examinant les manières de résister au système néolibéral, en proposant notamment des articulations entre les différentes forces progressistes et en promouvant d’autres formes de vivre-ensemble.
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