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Le « problème » de Socrate et la double dimension du « logos sokratikos »

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Antoine PAGEAU ST-HILAIRE : University of Chicago

Résumé de la communication

Nous proposons d’aborder deux dimensions du discours socratique (logos sokratikos) afin d’éclairer la relation du logos à la politique au point d’origine de la philosophie politique. D’une part, Socrate réclamait que la vie la plus juste était une vie examinée dont l’activité première est de « rendre ‘raison’ » (logon didonai); d’autre part, une vie politique juste repose sur une parole publique qui porte l’action par le biais de la persuasion (peithein) – persuasion qui semble au moins également importante à Socrate, si bien qu’il concédait la justice de sa condamnation à mort sur la base du fait qu’il n’avait pas réussi à persuader la cité d’Athènes. Mais comment donc le logon didonai peut-il être juste s’il ne parvient pas à persuader de sa justice? Plus largement, comment nous faut-il comprendre chez Socrate la relation entre la persuasion et le dialogue? Afin de répondre à cette question, nous mobiliserons les interprétations gadamérienne et arendtienne du logos sokratikos. Tandis que Gadamer voit dans le dialogue une fonction « véritative » qui cherche à supplanter la rhétorique, Arendt pense que Socrate reste dans la sphère d’une lexis persuasive, et par là de l’opinion. En montrant les insuffisances de ces interprétations, nous chercherons à harmoniser les deux dimensions du logos sokratikos qu’elles identifient. Nous espérons ainsi pouvoir poser les conditions d’une « solution » socratique au problème de l’agencement du logos et de l’action (praxis).

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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