pen icon Colloque
quote

L’enjeu linguistique au Canada et au Québec depuis 1977 : « Cold Case » ou « The Lion in Winter »?

MP

Membre a labase

Martin Pâquet : Université Laval

Résumé de la communication

Au moment de l’adoption de la Charte de la langue française en 1977, l’enjeu linguistique constituait la principale polémique dans l’espace public canadien et québécois. En effet, la reconnaissance politique du français suscitait maintes réactions au sein de la Société civile, incitant les États fédéral et provinciaux à intervenir pour réduire le potentiel de désordres civils.

Aujourd’hui, le rôle du Droit et de l’appareil judiciaire jouant, la polémique est moins virulente, même si l’enjeu linguistique relève du bagage mémoriel des communautés minoritaires de langues anglaise et française. La polémique est-elle vraiment du passé ou couve-t-elle sous les braises? Quels éléments de la culture politique canadienne et québécoise influent actuellement? Sans se livrer à un essai de prospective, cette conférence veut esquisser des pistes de compréhension de cette importante question de l’histoire politique récente.

Résumé du colloque

La Charte de la langue française, couramment appelée loi 101, a joué un rôle fondamental dans l’évolution du Québec. Introduite en 1977, la loi décrète le français comme langue officielle de l’État et des tribunaux de la province, ainsi que la langue normale et habituelle au travail. La loi limite également l’accès aux écoles de langue anglaise et interdit l’usage de l’anglais sur l’affichage commercial.

Plusieurs francophones perçoivent cette loi comme un instrument puissant qui s’inscrit dans la suite logique de la Révolution tranquille. Le préambule de la Charte reconnaît l’importance de respecter la « communauté québécoise d’expression anglaise », mais de nombreux anglophones craignent que la Charte entraîne leur exclusion sociale, économique et politique.

Les chercheurs tracent un bilan partagé des effets de la Charte sur les anglophones. Après la Charte, l’émigration anglophone s’accélère et il y a un déclin des écoles de langue anglaise. Cela dit, les inégalités socioéconomiques entre anglophones et francophones diminuent. Certains chercheurs affirment que les lois linguistiques au Québec ont permis aux anglophones de se redéfinir : ils se perçoivent moins comme une partie de la majorité linguistique du Canada et davantage comme une minorité au Québec. En réaction à la loi 101, les anglophones créent de nouvelles associations. De plus, la Charte fait en sorte que les jeunes anglo-québécois n’ont jamais été aussi bilingues et multilingues qu’ils le sont maintenant. Cela facilite ainsi leur participation économique, culturelle et civique à la société québécoise.

Notre colloque multidisciplinaire abordera les questions légales, démographiques, socioéconomiques, politiques, institutionnelles et culturelles liées aux incidences de la loi 101 sur la communauté d’expression anglaise au Québec (CEAQ) au cours des 40 dernières années.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :