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L’entrepreneuriat social féminin : reconfiguration ou reproduction de la dynamique sociale de genre?

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Isabeau Four : CÉRSÉ

Résumé de la communication

L’entrepreneuriat n’est pas une profession ou un métier en tant que tel, toutefois la figure de l’entrepreneur joue un rôle essentiel, voire emblématique, dans notre économie capitaliste. L’entrepreneuriat féminin est bien documenté, ce qui permet de brosser un portrait des spécificités des femmes en entrepreneuriat montrant des écarts persistants entre les femmes et les hommes. Champ de recherche en émergence, il existe encore peu de données sexuées concernant l’entrepreneuriat social. Toutefois, les résultats d’une recherche exploratoire menée auprès d’un incubateur pour l’entrepreneuriat social montraient une majorité de femmes dans le processus de démarrage d’une entreprise à mission sociale, et ce malgré les nombreuses barrières auxquelles elles doivent faire face pour percer dans les affaires : les perceptions stéréotypées quant aux « qualités » entrepreneuriales des femmes, l’accessibilité au financement, l’intégration aux réseaux d’affaires et la conciliation travail-famille. L’étude exploratoire a permis de relever des similarités pour les femmes et les hommes sur de nombreux aspects, mais des secteurs d’activités et des enjeux de légitimité différents. Une nouvelle recherche de nature qualitative permet d’approfondir ces premiers résultats tout en mettant en évidence certains freins rencontrés et leviers utilisés par les entrepreneures sociales dans leur processus de création d’entreprise.

Résumé du colloque

Les avancées en faveur de l’égalité ont permis aux femmes de s’insérer dans le marché du travail et de progresser dans certains emplois historiquement masculins. Or, le parcours des femmes dans certains de ces métiers et professions est toujours complexe. Des statistiques montrent les écarts persistant entre les femmes et les hommes. Par exemple, seulement 27 % des effectifs étudiants au baccalauréat en génie civil étaient des femmes entre 1999 et 2005, et celles-ci ne représentaient en 2013-2014 que 13,6 % des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Sévigny et Deschênes, s.d.). Même dans les secteurs marqués par la féminisation de la main-d’œuvre, des écarts sont présents. Alors qu’elles constituent 62 % des étudiants et étudiantes dans les facultés de médecine (Collège des médecins du Québec, 2013), les femmes médecins sont très présentes dans certaines spécialités (52 % en gériatrie, 51 % en pédiatrie et 45 % en dermatologie) mais largement sous-représentées dans d’autres (8 % en chirurgie cardiaque, 10 % en neurochirurgie, 11 % en chirurgie orthopédique et 13 % en urologie).

Les recherches déjà réalisées ciblent certains éléments pour expliquer ces constats. Les femmes se sentent marginalisées et dévaluées comparativement à leurs collègues masculins (Fotaki, 2013). Elles subissent toujours des effets négatifs associés à la maternité et à la conciliation travail-famille (Carvajal et coll., 2012; Evers et Sieverding, 2014; Schroeder et coll., 2013; Sheltzer et Smith, 2014; Van den Brink, 2011). Elles expriment le besoin de mettre en place des politiques et mécanismes de soutien tels que des garderies ou des programmes de mentorat (Muhlenruch et Jochimsen, 2013; Pereira, 2014).

Ce colloque propose de faire le point sur les facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec afin de définir les enjeux persistants ainsi que les pratiques porteuses pour les changements organisationnels et sectoriels.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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