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L’équation Pesticide : compatible avec des alternatives non chimiques?

ÉL

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Éric Lucas

Résumé de la communication

L’adoption des pesticides d’un point de vue historique s’est faite à l’intérieur d’une équation à l’échelle humaine, dans une perspective d’augmentation des rendements agricoles. Néanmoins, cette équation s’inscrit également dans une optique environnementale et plus particulièrement dans une optique de service écosystémique de contrôle naturel des organismes dit ravageurs.

Les organismes dits utiles, qui sont en temps « normal » responsables du contrôle naturel des ravageurs, sont particulièrement exposés aux pesticides, de par la diversité des voies d’entrées des composés et de par leur histoire évolutive différente de celle des ravageurs. La fenêtre d’utilisation des outils non chimiques avec des outils chimiques devient donc très étroite, voire même parfois complétement fermée. Les pesticides appellent alors les pesticides.

Alors, que faire pour se sortir de cette spirale? Il existe dans les faits une batterie de moyens alternatifs de lutte non chimiques, qui peuvent permettre un contrôle efficace des organismes nuisibles. Il existe aussi des voies par lesquels ces moyens peuvent être compatibles avec une lutte chimique ciblée et donc s’inscrire dans l’équation pesticide et par le fait même la modifier.

Résumé du colloque

Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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