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Gaelle Fedida : Alliance des maisons d'hébergement de 2e étape pour femmes et enfants victimes de violence conjugale
L’Alliance des maisons d’hébergement de 2e étape pour les femmes et enfants victimes de violence conjugale regroupe et représente 14 maisons d’hébergement de 2e étape, réparties dans 9 régions du Québec, qui offrent des services spécialisés en violence conjugale post-séparation. L’objectif de ces services en 2e étape consiste à offrir un hébergement sécuritaire abordable aux femmes à fort risque d'homicide, et à accompagner à moyen terme les femmes et les enfants dans leur processus de dévictimisation, dans une perspective d’autonomisation et de reprise de contrôle sur leur vie. Toutefois, aujourd’hui, l’Alliance estime que 1/4 des femmes identifiées par une professionnelle n’a pas accès aux services en maison de 2e étape, soit parce qu’elle n’a pas été référée par la 1re étape, soit parce qu’elle a été refusée en 2e étape, par manque de place. En outre, dans un contexte de mondialisation, de changements démographiques majeurs et de diversité culturelle croissante, ces maisons font également face à une internationalisation de leur clientèle. Les problématiques se multiplient, les enjeux se complexifient et les besoins des femmes hébergées changent. Aujourd’hui, en regard de ces réalités, les défis de l’Alliance et des maisons d’hébergement de 2e étape se posent sur deux plans, soit au niveau politique, afin d’assurer la reconnaissance du continuum de services en regard de la violence conjugale post-séparation, indispensable aux femmes et aux enfants terminant un séjour en maison d’urgence, et sur le plan de l’intervention, pour faire face à la prolifération de problématiques qui constitue désormais le quotidien des intervenantes.
De plus en plus, les personnes amenées à intervenir auprès des femmes victimes de violence conjugale sont confrontées à des situations de violence conjugale particulières impliquant d’autres problématiques. Cette complexification des situations a des effets directs sur le dépistage et les interventions auprès des femmes. Comment dépister ou intervenir sur la situation de violence lorsque la femme victime a aussi des problèmes de toxicomanie ou de santé mentale? Ou encore est atteinte du VIH/sida ou vit une situation d’itinérance? Ou vit même plusieurs de ces problématiques à la fois? Des enjeux juridiques viennent parfois compliquer encore plus les choses : par exemple, dans le cas des mariages forcés, il faut bien connaître les lois civiles, criminelles et de l’immigration ainsi que les pratiques de la Direction de la protection de la jeunesse pour intervenir sans mettre en péril les femmes. Toutes ces situations exigent un décloisonnement des problématiques et des interventions : il est impératif de créer des ponts entre les intervenants en violence conjugale et les intervenants ayant développé des expertises dans d’autres champs d’intervention afin de répondre aux besoins de ces femmes vivant des problématiques multiples. Ce colloque se veut un espace de discussion et de réflexion entre chercheurs, étudiants et intervenants sur l’ensemble de ces enjeux.
Titre du colloque :