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Leslie Kapo : INRS - Institut national de la recherche scientifique
« De plus en plus, on le voit, que y’a des jeunes que à l’école ils se reconnaissent pas! Y’a des jeunes que : oui t’apprend, mais est-ce que t’avance? Pis, j’trouve que ça c’est un des plus gros problèmes qu’il va falloir régler pour que tout le monde avance à un rythme égal1 ».
Le constat établi par ce jeune homme, lors d’une rencontre communautaire sur les multiples « Montréalités » (Germain 2013), distingue trois éléments d’analyse pour approcher l’expérience quotidienne des jeunes Montréalais.e.s. : 1) la réalité urbaine et les spécificités de la marginalisation qui s’opèrent; 2) les stratégies et les tactiques d’émancipation individuelles et collectives; 3) la tension entre ces réalités quotidiennes et les réponses institutionnelles. Il apparait aujourd’hui indispensable de réinterroger notre approche sur les jeunes Montréalais.e.s afin de prendre en compte les aspects de leur urbanité (Boudreau 2015).
Cette présentation partira de la perspective intersectionnelle qui postule que les effets de l’invisibilisation sont multipliés sur certains parcours de vie en raison de la complexité des logiques socioculturelles à l’œuvre (Bourque et Maillé 2015). Je confronterai les expériences des jeunes Montréalais.e.s avec la figure ambivalente du jeune entrepreneur, qui semble être une des réponses prioritaires du gouvernement québécois face aux inégalités sociales à l’horizon 2021.
1 https://www.facebook.com/422649251255291/videos/vb.422649251255291/618587324994815/?type=2&theater
Un mouvement paradoxal touche nos sociétés actuelles : tandis que certaines des inégalités ont été réduites, d’autres émergent ou se renforcent dans les parcours de vie. Nos sociétés sont désormais confrontées à une accentuation rapide des inégalités sociales de revenus (Piketty, 2013). La crise, et les politiques d’austérité qu’elle a légitimées dans son sillage, sont venues accentuer certaines fragmentations et accélérer les trajectoires de différenciation sociale.
Or, particulièrement touchés par la crise et l’austérité, les jeunes sont au cœur de cette recomposition des inégalités. Si toutes les générations ont été touchées par la crise, on a assisté à une dynamique de concentration des difficultés potentielles parmi les jeunes adultes — particulièrement chez ceux entrant sur le marché du travail (taux de chômage accentué, augmentation accélérée du taux de pauvreté). Conjointement, un processus d’accentuation des inégalités intragénérationnelles se met en œuvre. Présent chez toutes les générations, ce processus est particulièrement sensible au moment de l’entrée dans la vie adulte.
Les contributions seront aussi bien théoriques qu’empiriques; elles pourront traiter de divers contextes nationaux et se structureront autour de trois dimensions :
1) identifier comment le contexte d’austérité affecte tant les conditions de vie des jeunes que les interventions publiques destinées à les soutenir;
2) analyser les politiques elles-mêmes et leurs effets (catégories instituées, angles morts et paradoxes) ainsi que les aspects des inégalités dans les parcours de vie des jeunes n’ayant pas encore fait l’objet d’interventions publiques;
3) confronter différents échelons politiques sur une dimension ciblée des inégalités; ou documenter un dispositif particulier en l’inscrivant dans ses liens à d’autres échelles territoriales de régulation.
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