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Christian Leduc : Université de Montréal
Les lettres de Leibniz à Clarke font partie du tout dernier corpus leibnizien, la dernière réponse ayant été rédigée en août 1716. Le contexte y est grandement polémique, puisqu’il s’agit d’une confrontation entre deux pensées dominantes du début du 18e siècle, celle de Leibniz et celle de Newton, défendue en l’occurrence par Clarke. La correspondance porte en bonne partie sur les principes métaphysiques, en particulier sur la nature de l’espace et du temps. La plupart des commentateurs ont interprété les positions de Leibniz comme constituant la dernière version d’un système longuement muri et dont il se sert pour réfuter les thèses newtoniennes. Plus particulièrement, Leibniz y articulerait ses principes de raison suffisante et d’identité des indiscernables de manière architectonique pour montrer que l’espace et le temps ne sont pas des réalités absolues, mais des ordres relationnels. Dans la présente communication, je montrerai que cette interprétation systématique est certes possible, mais qu’elle ne correspond pas entièrement à la manière dont Leibniz expose ses principes métaphysiques dans la correspondance avec Clarke. Autrement dit, que les principes de raison suffisante et d’identité des indiscernables ne sont pas nécessairement organisés de façon architectonique.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.