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Melissa Lemaire : Université de Montréal
Le but de ce projet de recherche est de mesurer l'impact du programme Les Scientifines sur le développement des compétences et sur le choix de carrière des anciennes participantes de 2001 à 2006. Selon une étude de Statistiques Canada (Hango, 2013), parmi les diplômés des programmes en sciences, technologies, génie ou mathématiques âgés de 25 à 34 ans, la proportion de femmes était de 59 % en sciences et technologies, mais de 23 % en génie et de 30 % en mathématiques et sciences informatiques. Il convient donc de pouvoir mieux éduquer les jeunes filles aux différentes thématiques scientifiques afin qu’elles soient plus attirées vers ces domaines et qu'on puisse aussi contrer le décrochage scolaire dans les quartiers défavorisés en offrant des activités motivantes et un milieu sécuritaire pour les jeunes filles. Pour cette étude d'impact, trois méthodes de collecte de données ont été utilisées: le sondage, la discussion de groupe et l'entrevue individuelle. Nous abordons une méthodologie mixte pour cette étude. Les résultats démontrent que l'organisme a eu un impact important dans le développement des participantes. 79% des répondantes sont toujours aux études et 63% indique que leur participation a eu un impact sur leur choix de carrière. Dans les échanges survenus au cours de l'étude, elles évoquent particulièrement la curiosité et l’apprentissage de nouveaux savoirs et le développement de compétences.
Les avancées en faveur de l’égalité ont permis aux femmes de s’insérer dans le marché du travail et de progresser dans certains emplois historiquement masculins. Or, le parcours des femmes dans certains de ces métiers et professions est toujours complexe. Des statistiques montrent les écarts persistant entre les femmes et les hommes. Par exemple, seulement 27 % des effectifs étudiants au baccalauréat en génie civil étaient des femmes entre 1999 et 2005, et celles-ci ne représentaient en 2013-2014 que 13,6 % des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Sévigny et Deschênes, s.d.). Même dans les secteurs marqués par la féminisation de la main-d’œuvre, des écarts sont présents. Alors qu’elles constituent 62 % des étudiants et étudiantes dans les facultés de médecine (Collège des médecins du Québec, 2013), les femmes médecins sont très présentes dans certaines spécialités (52 % en gériatrie, 51 % en pédiatrie et 45 % en dermatologie) mais largement sous-représentées dans d’autres (8 % en chirurgie cardiaque, 10 % en neurochirurgie, 11 % en chirurgie orthopédique et 13 % en urologie).
Les recherches déjà réalisées ciblent certains éléments pour expliquer ces constats. Les femmes se sentent marginalisées et dévaluées comparativement à leurs collègues masculins (Fotaki, 2013). Elles subissent toujours des effets négatifs associés à la maternité et à la conciliation travail-famille (Carvajal et coll., 2012; Evers et Sieverding, 2014; Schroeder et coll., 2013; Sheltzer et Smith, 2014; Van den Brink, 2011). Elles expriment le besoin de mettre en place des politiques et mécanismes de soutien tels que des garderies ou des programmes de mentorat (Muhlenruch et Jochimsen, 2013; Pereira, 2014).
Ce colloque propose de faire le point sur les facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec afin de définir les enjeux persistants ainsi que les pratiques porteuses pour les changements organisationnels et sectoriels.
Titre du colloque :