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Vincent Belletête : Université de Sherbrooke
Même si les Québécoises sont aujourd’hui considérées comme majoritaires dans l’effectif étudiant au secondaire, au cégep et au baccalauréat, elles demeurent minoritaires dans plusieurs programmes en sciences et en génie (SG). Cette communication présentera les résultats d’une pré-étude sur les impacts des stages coopératifs vécus par des étudiantes dans certains domaines en SG à l’université. Dans le cadre d’une collaboration avec l’équipe de la Chaire Femmes et organisations (ULaval), l’équipe de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie (UdeS) a rencontré 9 étudiantes à la fin de leur parcours dans des programmes de baccalauréat en SG qui ont accepté de participer à des entretiens de groupe afin de partager leurs expériences vécues pendant leurs stages coopératifs et à l’université. L’analyse des transcriptions de ces entretiens a permis de faire ressortir des sources de motivation qui expliquent la persévérance et l’engagement des étudiantes dans ces domaines ainsi que différents défis et obstacles qu’elles peuvent vivre pendant leurs études dans ces domaines traditionnellement occupés par les hommes. Comme suite à cette pré-étude, un questionnaire élaboré à partir des résultats de ces entretiens sera distribué à un échantillon plus large d’étudiantes et d’étudiants dans les domaines des SG. Cette recherche permettra de formuler des pistes pour mieux soutenir les étudiantes et les différents intervenants impliqués dans la formation universitaire en SG.
Les avancées en faveur de l’égalité ont permis aux femmes de s’insérer dans le marché du travail et de progresser dans certains emplois historiquement masculins. Or, le parcours des femmes dans certains de ces métiers et professions est toujours complexe. Des statistiques montrent les écarts persistant entre les femmes et les hommes. Par exemple, seulement 27 % des effectifs étudiants au baccalauréat en génie civil étaient des femmes entre 1999 et 2005, et celles-ci ne représentaient en 2013-2014 que 13,6 % des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (Sévigny et Deschênes, s.d.). Même dans les secteurs marqués par la féminisation de la main-d’œuvre, des écarts sont présents. Alors qu’elles constituent 62 % des étudiants et étudiantes dans les facultés de médecine (Collège des médecins du Québec, 2013), les femmes médecins sont très présentes dans certaines spécialités (52 % en gériatrie, 51 % en pédiatrie et 45 % en dermatologie) mais largement sous-représentées dans d’autres (8 % en chirurgie cardiaque, 10 % en neurochirurgie, 11 % en chirurgie orthopédique et 13 % en urologie).
Les recherches déjà réalisées ciblent certains éléments pour expliquer ces constats. Les femmes se sentent marginalisées et dévaluées comparativement à leurs collègues masculins (Fotaki, 2013). Elles subissent toujours des effets négatifs associés à la maternité et à la conciliation travail-famille (Carvajal et coll., 2012; Evers et Sieverding, 2014; Schroeder et coll., 2013; Sheltzer et Smith, 2014; Van den Brink, 2011). Elles expriment le besoin de mettre en place des politiques et mécanismes de soutien tels que des garderies ou des programmes de mentorat (Muhlenruch et Jochimsen, 2013; Pereira, 2014).
Ce colloque propose de faire le point sur les facteurs liés à la progression et à la rétention des femmes dans des métiers et professions traditionnellement réservés aux hommes au Québec afin de définir les enjeux persistants ainsi que les pratiques porteuses pour les changements organisationnels et sectoriels.
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