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L’expérience de la diversité dans les quartiers de classe moyenne à Montréal : entre inconforts et attachements

SJ

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Sandrine Jean : Memorial University of Newfoundland

Résumé de la communication

Si les tensions sociales et politiques concernant la question de l’immigration qui ont secoué le Québec au courant des dernières années ne sont pas nouvelles, elles sont plus que jamais d’actualité. Alors que plusieurs travaux ont porté sur les attitudes face à l’immigration, nous proposons ici un regard ethnographique sur l’expérience de la diversité dans deux quartiers dit de « classe moyenne » de la grande région de Montréal. L’observation concrète des interactions interethniques dans les espaces publics ainsi que des entrevues qualitatives approfondies auprès de familles « natives » et d'origine immigrante avec de jeunes enfants nous ont permis d’avancer que les espaces publics, plus particulièrement les parcs de quartier, apparaissent comme des lieux particulièrement privilégiés dans l’expérience de la diversité et l’apprivoisement de la différence. Certaines appréhensions peuvent alors être testées, négociées et reformulées à la lumière des contacts interculturels quotidiens. Bien que la convivialité l’emporte sur l’aversion dans ces espaces publics, certains inconforts demeurent surtout lorsqu’ils engagent des marqueurs religieux ou touchent à l’éducation des enfants. L’attachement au quartier, la sociabilité publique, de même que des réseaux communautaires permettant l'exercice de la citoyenneté, tant des « natifs » que des immigrants, permettent de dépasser certains de ces inconforts et de favoriser une cohabitation urbaine inclusive.

Résumé du colloque

Si la littérature sur la migration reste dominée par l’échelle nationale ou fédérale, il est généralement reconnu que les villes jouent un rôle important quant aux politiques et programmes visant l’intégration des nouveaux arrivants. L’étude des relations sociales dans les espaces urbains pluriethniques n’est pas nouvelle en sciences sociales. Le vaste champ de recherche sur l’ethnicité en contexte de migration, s’inspirant de la sociologie critique de l’École de Chicago mais aussi de l’anthropologie sociale de F. Barth et d’autres, a beaucoup contribué à notre compréhension des rapports sociaux dans les contextes pluriethniques. Des recherches sur les interactions dans les espaces publics des quartiers multiethniques ont démontré que les échanges sont souvent caractérisés par la civilité ou l’évitement, mais les dynamiques de la cohabitation continuent à être une source de préoccupation. Si les craintes à ce sujet reviennent souvent, c’est en partie parce que nous sommes mal outillés pour comprendre les dynamiques de la cohabitation et les paramètres de son fonctionnement. Une littérature récente se développe autour de la notion de « citoyenneté urbaine ». La citoyenneté urbaine demeure fragile parce que non inscrite dans un système de droits et de responsabilités; pourtant, plusieurs villes d’Europe ont été très actives dans l’obtention du droit de vote pour les immigrants sans statut officiel. D’un autre point de vue, la citoyenneté urbaine est plus accessible que la citoyenneté traditionnelle (passeport) puisqu’il est plus facile de s’identifier à une ville qu’à une nation. Dans ce colloque, nous examinons l’intérêt croissant pour l’échelle municipale comme objet d’étude et nous proposons un rapport plus étroit entre les approches citoyennes et les approches interculturelles dans l’analyse des dynamiques de cohabitation en contexte pluriethnique. (Bibliographie disponible sur demande)

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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