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Alfredo Ramirez-Villagra : Université Laval
Le quartier Parc-Extension de Montréal accueille de nombreux espaces de rassemblement religieux : mosquées, temples hindous et sikhs, églises chrétiennes. Cette communication propose d’aborder la dynamique culturelle des lieux de culte à partir de deux dimensions, puis à la mettre en rapport avec les politiques publiques relatives à l’intégration des immigrants. Dans un premier temps, nous explorerons ces espaces à partir des liens qui se tissent entre les personnes à l’intérieur des mosquées ou des temples, là où de multiples relations sociales se créent, autour et au-delà du religieux. Dans un deuxième temps, nous examinerons le rapport entre les liens sociaux ancrés dans les lieux de culte et quelques concepts utilisés dans le milieu associatif et communautaire de Parc-Extension, comme « intégration », « communauté culturelle » et « diversité », lesquels caractérisent la présence des immigrants. L’étude de ces deux dimensions permet d’envisager la relation entre les pratiques religieuses d’immigrants établis dans le quartier, leurs représentations et expériences en matière d’intégration sociale, et la façon dont le milieu associatif considère les espaces de rassemblement à caractère religieux. Ainsi, l’analyse des divers rapports culturels se tissant autour des lieux de culture mènera à revisiter et à critiquer les fondements de politiques de pluralisme culturel telles que l’interculturalisme.
Si la littérature sur la migration reste dominée par l’échelle nationale ou fédérale, il est généralement reconnu que les villes jouent un rôle important quant aux politiques et programmes visant l’intégration des nouveaux arrivants. L’étude des relations sociales dans les espaces urbains pluriethniques n’est pas nouvelle en sciences sociales. Le vaste champ de recherche sur l’ethnicité en contexte de migration, s’inspirant de la sociologie critique de l’École de Chicago mais aussi de l’anthropologie sociale de F. Barth et d’autres, a beaucoup contribué à notre compréhension des rapports sociaux dans les contextes pluriethniques. Des recherches sur les interactions dans les espaces publics des quartiers multiethniques ont démontré que les échanges sont souvent caractérisés par la civilité ou l’évitement, mais les dynamiques de la cohabitation continuent à être une source de préoccupation. Si les craintes à ce sujet reviennent souvent, c’est en partie parce que nous sommes mal outillés pour comprendre les dynamiques de la cohabitation et les paramètres de son fonctionnement. Une littérature récente se développe autour de la notion de « citoyenneté urbaine ». La citoyenneté urbaine demeure fragile parce que non inscrite dans un système de droits et de responsabilités; pourtant, plusieurs villes d’Europe ont été très actives dans l’obtention du droit de vote pour les immigrants sans statut officiel. D’un autre point de vue, la citoyenneté urbaine est plus accessible que la citoyenneté traditionnelle (passeport) puisqu’il est plus facile de s’identifier à une ville qu’à une nation. Dans ce colloque, nous examinons l’intérêt croissant pour l’échelle municipale comme objet d’étude et nous proposons un rapport plus étroit entre les approches citoyennes et les approches interculturelles dans l’analyse des dynamiques de cohabitation en contexte pluriethnique. (Bibliographie disponible sur demande)
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