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Lynne Potvin : Université d'Ottawa
La déficience intellectuelle est un nouveau thème de recherche au sein de la francophonie canadienne. À part le travail acharné de quelques associations, les services en français dans ce domaine sont peu pris en compte dans les travaux sur la francophonie à la différence de thèmes plus populaires comme l’éducation, l’immigration ou la santé. Or, ces domaines comprennent aussi une diversité de personnes ayant des besoins particuliers. Par surcroît, le thème de la déficience intellectuelle met en évidence le besoin d’une approche intersectionnelle, interdisciplinaire et collaborative pour l’étude des services en français.
La communication présentera les résultats préliminaires d’une étude réalisée de 2015 à 2017 sur la déficience intellectuelle en milieu francophone. La recherche a porté sur le mentorat et l’intégration à l’emploi de 18 jeunes francophones stagiaires de la Cité à Ottawa ayant une déficience intellectuelle. L’objectif était d’étudier les représentations du mentorat dans le domaine de l’inclusion sociale et de rendre compte de l’expérience de tout le réseau d’acteurs et d’étudiants engagés envers l’intégration des jeunes francophones ayant une déficience intellectuelle. L’étude souhaite ainsi mieux comprendre la question du mentorat en milieu francophone, poser de nouvelles questions de recherche et réfléchir aux approches les plus appropriées pour l’étude de l’inclusion sociale.
Nous souhaitons dresser un bilan, tout en interpellant les chercheurs communautaires, gouvernementaux et universitaires au sujet des perspectives d’avenir du champ sur les francophonies d’Amérique. Nous souhaitons particulièrement explorer les apports potentiels d’une plus grande interdisciplinarité et d’un plus grand recours à la comparaison interrégionale.
Après l’abandon progressif de la logique canadienne-française dans les années 1970, la recherche sur les francophones hors Québec a suscité l’émergence de thématiques originales liées au fait minoritaire, à la gouvernance, à l’espace ou à l’identité, par exemple. Depuis le début des années 1990, les études portant sur les francophones en situation minoritaire s’avèrent, en outre, de plus en plus nombreuses. À ce titre, si les réseaux de chercheurs et d’organismes communautaires bâtissent davantage de ponts entre les régions, les distinctions et la distance entre les communautés francophones du continent ont réduit les occasions pour les chercheurs universitaires et communautaires de bâtir des savoirs réellement partagés au sein d’un champ de recherche. Il en résulte davantage d’études de cas, associées notamment à des régions spécifiques, qui gagneraient à être intégrées à des perspectives comparatives engageant diverses disciplines.
Un autre cloisonnement des savoirs pourrait également être évoqué, soit celui des connaissances universitaires (disciplinaires), gouvernementales et communautaires. Il y aurait lieu de s’interroger sur les potentialités stratégiques et synthétiques de ces collaborations, qui demeurent le plus souvent ponctuelles.
Plus particulièrement, nous invitons des propositions sur les thèmes suivants :
— La mise en dialogue et en comparaison des différents espaces francophones;
— Des francophonies d’Amérique à la rencontre d’autres réalités minoritaires;
— La mise en dialogue et en comparaison des différents savoirs sur les francophonies d’Amérique.
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