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Danielle de Moissac : Université de Saint-Boniface
L’accès à des services sociaux et de santé en français est fondamental pour les aînés francophones vivant en situation minoritaire en raison de leur profil sociodémographique, de leur état de santé précaire et de l’importance pour eux de pouvoir s’exprimer dans leur langue maternelle. Cet accès est cependant limité en raison d’une pénurie de professionnels bilingues, d’une déficience de réseaux pour les soutenir et d’une absence de stratégie particulière dans les organisations pour leur recrutement et leur rétention. De plus, le manque de connaissance sur les ressources qui offrent des services en français dans la communauté et le peu d’efforts consentis pour améliorer leur intégration nuit à l’aiguillage vers les intervenants et les services bilingues existants.
Une recherche menée au Manitoba et en Ontario auprès de gestionnaires, de professionnels, d’aînés et de proches aidants a pu identifier les mécanismes formels et informels d’intégration des soins et services aux personnes âgées francophones présentes ou absentes, selon les perspectives de divers acteurs. Cette présentation mettra en lumière les similarités et les différences régionales, et discutera des barrières à l’intégration de services. Les résultats pourraient contribuer à identifier les dimensions sur lesquelles agir pour assurer un accès à des services en français en contexte minoritaire tout au long du continuum de soins et de services, condition liée étroitement à la sécurité et à la qualité des services.
Nous souhaitons dresser un bilan, tout en interpellant les chercheurs communautaires, gouvernementaux et universitaires au sujet des perspectives d’avenir du champ sur les francophonies d’Amérique. Nous souhaitons particulièrement explorer les apports potentiels d’une plus grande interdisciplinarité et d’un plus grand recours à la comparaison interrégionale.
Après l’abandon progressif de la logique canadienne-française dans les années 1970, la recherche sur les francophones hors Québec a suscité l’émergence de thématiques originales liées au fait minoritaire, à la gouvernance, à l’espace ou à l’identité, par exemple. Depuis le début des années 1990, les études portant sur les francophones en situation minoritaire s’avèrent, en outre, de plus en plus nombreuses. À ce titre, si les réseaux de chercheurs et d’organismes communautaires bâtissent davantage de ponts entre les régions, les distinctions et la distance entre les communautés francophones du continent ont réduit les occasions pour les chercheurs universitaires et communautaires de bâtir des savoirs réellement partagés au sein d’un champ de recherche. Il en résulte davantage d’études de cas, associées notamment à des régions spécifiques, qui gagneraient à être intégrées à des perspectives comparatives engageant diverses disciplines.
Un autre cloisonnement des savoirs pourrait également être évoqué, soit celui des connaissances universitaires (disciplinaires), gouvernementales et communautaires. Il y aurait lieu de s’interroger sur les potentialités stratégiques et synthétiques de ces collaborations, qui demeurent le plus souvent ponctuelles.
Plus particulièrement, nous invitons des propositions sur les thèmes suivants :
— La mise en dialogue et en comparaison des différents espaces francophones;
— Des francophonies d’Amérique à la rencontre d’autres réalités minoritaires;
— La mise en dialogue et en comparaison des différents savoirs sur les francophonies d’Amérique.
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