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L’Ogre Québec a le vivant sous la dent...

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Charles DESLANDES : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

La fable « Québec » parait inséparable du thème de l’animalité. Cette communication propose de dégager des axes d’analyse en interrogeant la mise en récit de l’objet « Québec » comme la production d’une fable sans fondement autre que la position corporelle et matérielle d’où elle s’énonce et les discours qu’elle mobilise et actualise – la scénographie. Cette position d’énonciation, on l’abordera en fonction du thème de l’animalité, c’est-à-dire comme autoproduction d’un sujet souverain qui en disant la fable Québec reproduit de manière performative un « propre de l’homme » limitant la participation des animaux au statut de faire-valoir réels ou fictifs. Ainsi, la fable ne semble pouvoir s’énoncer que par l’actualisation de l’imaginaire du pouvoir souverain, c’est-à-dire une hiérarchisation des vivants dont le sommet est préoccupé par des « créatures » anthropologiques affabulées dont le souverain – le Québec – agit tel un ogre, en domestiquant et en incorporant tout vivant comme s’il vivait, se reproduisait, mais ne mourrait jamais – à condition que le récit se dise et circule toujours, de bouches à oreilles.

Résumé du colloque

Les discours sur le Québec activent le plus souvent des conditionnements étatiques, renvoyant à un ensemble de délimitations juridiques, à des catégories nationales et à des mythes de fondation. Or, le nom « Québec » recouvre une trame empirique riche et complexe, que de telles constructions représentent de manière oblique, partisane ou idéaliste. Au-delà de ces discours, il désigne une prolifération d’histoires, de rencontres et de parcours qu’abritent la vallée du Saint-Laurent et ses bassins versants — en remontant par les forêts et les routes, les territoires traditionnels et les nouvelles banlieues, les zones industrielles et les lacs nommés par l’usage, les secteurs mobilisés et les lieux ouverts. Il existe en effet une multitude de pratiques et de gestes qui, s’articulant à des mémoires et des territoires, font affleurer la matière vive d’une pensée (politique) située au Québec. C’est cette situation de pensée que souhaite investir ce colloque. Il s’agit d’interroger cette série ouverte d’expériences, sous-tendues par une histoire politique, sociale, intellectuelle et littéraire, une tradition orale et une musicalité, voire une condition politique communes. Quels sont les modes du savoir qui permettent de rendre justice à une trame empirique aussi riche, complexe et diversifiée?

Pour appréhender les récits participant à la construction de l’objet « Québec », nous voulons réunir des chercheurs et chercheures dont la mise en commun des travaux contribuera à rendre davantage perceptible la consistance matérielle de ces formes d’existence. Quels échanges les structurent politiquement et cognitivement? Quelles expériences géographiques et humaines, autochtones et allochtones, coloniales et migrantes, les constituent? Nous proposons de déplier et de déstratifier le palimpseste « Québec », pour donner à lire, à voir et à entendre les formes de résonances épiques, épistémiques et quotidiennes qui le composent. L’exercice vise ainsi une construction collective et interdisciplinaire de l’objet « Québec », un effort de le faire apparaître dans son excédence.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
manager icon Responsables :
Dimitrios Karmis
section icon Date : 10 mai 2017

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