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Pierre Lucier : INRS - Institut national de la recherche scientifique
La question la plus tenace concernant l’Université du Québec est sans doute celle de la nature même de son statut institutionnel comme université établie par une loi publique et portée par une volonté politique explicite. Alors que le Québec des années 1960 a composé avec les universités existantes, l’Université du Québec a été explicitement voulue par l’Assemblée nationale: c’est une institution «désirée», définie selon les paramètres dominants de la Révolution tranquille. Traduit dans sa loi constitutive, dans son mode de gouvernance, dans ses rapports avec les instances gouvernementales, dans son insertion dans le système universitaire, ce dessein initial n’a pas cessé d’alimenter les discussions sur la nature exacte de cette université dite publique et d’accompagner l’évolution de ses dynamiques internes et externes.
À la lumière des repères législatifs qui formatent l’Université du Québec, des faits et gestes des pouvoirs publics qui ont encadré son fonctionnement, des orientations prises par ses propres instances décisionnelles, des régulations exercées sur elle par les divers rouages du système universitaire, l’intervenant souhaite contribuer à baliser l’analyse de la question. Il s’interrogera notamment sur le bien-fondé de l’idée récente selon laquelle l’Université du Québec se distinguerait en ce qu’elle ne serait «pas une université à charte».
L’Université du Québec fêtera ses 50 ans en 2018-2019. Depuis sa création, les établissements d’enseignement et de recherche de ce réseau public unique au Canada ont une influence majeure sur la société québécoise, particulièrement dans les régions où ils sont implantés, aux quatre coins du Québec. Notre colloque s’inscrit dans la préparation d’un ouvrage présentant au grand public la contribution de l’Université du Québec à l’édification du Québec moderne. L’Université du Québec est à la fois une création institutionnelle et une communauté humaine qui s’est progressivement construite grâce aux efforts conjugués de ses acteurs, de ses actrices et de ses composantes. Elle constitue une innovation sociale majeure, issue de la Révolution tranquille, d’une vaste mobilisation de proximité et d’un élan pour l’enseignement supérieur qui s’est exprimé dès après la Seconde Guerre mondiale, aussi bien à Montréal qu’à Trois-Rivières, Chicoutimi et Rimouski. Un second déterminant historique de l’évolution de toutes les universités québécoises est le retournement idéologique amorcé dans les années 1980 qui s’est traduit par d’importantes réorientations de l’action publique, y compris dans le champ universitaire, vers une nouvelle centralité accordée à l’enjeu de son financement.
Les grands thèmes des communications qui composent le colloque sont autant de rubriques permettant de traiter des contributions de l’Université du Québec au développement du Québec, mais aussi des conditions sociopolitiques et institutionnelles qui les ont accélérées ou ralenties. Ces grands thèmes sont : le contexte social, économique, culturel et politique; les différents aspects du développement institutionnel; l’évolution du corps étudiant et de l’enseignement universitaire; la contribution de la recherche et de la création; l’institutionnalisation de nouveaux champs de savoirs; et enfin les divers autres aspects de la mission sociale de l’université, notamment les services aux collectivités, au Québec et sur la scène canadienne ou internationale.
Titre du colloque :