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Juan Torres : Université de Montréal
La mobilité des enfants, comme celle d’autres groupes d’âge, est déterminée par un complexe système de facteurs environnementaux. Or, l’incidence de ces facteurs demeure indirecte, alors que la décision du déplacement chez l’enfant revient généralement à l’adulte et, plus particulièrement, au parent. Tracy McMillan a conceptualisé ce phénomène dans un modèle très influant, qui permet d’envisager le parent comme un acteur clé dans l’accessibilité que les enfants peuvent avoir aux différentes ressources urbaines. Il jouerait un rôle d’intermédiaire, laissant plus ou moins d’indépendance de mobilité en fonction de sa lecture du milieu et des capacités de l’enfant. Quelles formes d’exclusion ou d’inclusion un tel contrôle peut-il engendrer ? Cette question constitue le point de départ d’une communication qui prendra appui sur des travaux de recherche récents au sujet de la mobilité des enfants et des adolescents en milieu urbain. Il s’agira de susciter la réflexion au sujet de la relation parent-enfant et, plus précisément, des modalités du paternalisme, comme déterminants d’accessibilité à des ressources urbaines.
Les enjeux d’accessibilité dans la ville ont souvent été abordés d’un point de vue géographique. L’accent est alors mis sur les effets de friction de la distance géographique dans un lieu donné (souvent un quartier) et leur influence sur la facilité avec laquelle les individus peuvent accéder aux ressources qu’offre la ville (emplois, services, équipements, etc.). Avoir accès à un panier de services à une distance acceptable contribue à la qualité de vie des individus. La distribution spatiale des destinations et les modes de transport qu’il est possible d’utiliser détermineront en grande partie l’accessibilité des territoires. Améliorer l’accessibilité passera souvent par une augmentation des destinations accessibles à une distance donnée, ou par l’amélioration des conditions de transport. Par ailleurs, la dépendance à l’automobile incite les villes à investir davantage dans la mise en place d’infrastructures de transport liées à ce mode de transport, et à favoriser un report modal. Dans ce contexte, les besoins d’accessibilité des individus qui ne disposent pas d’automobile sont-ils relégués à un deuxième plan créant une iniquité dans les possibilités d’accès? D’autres éléments nuisent aussi à l’accessibilité au sein de la ville. On peut penser aux infrastructures de transport qui facilitent l’accessibilité à une échelle régionale et qui en même temps la diminuent à une échelle de proximité. Dans d’autres occasions, il pourra s’agir de limites administratives qui nuisent à la mise en place d’une offre globale et intégrée de transport collectif, diminuant ainsi l’accessibilité sur le plan des coûts. Aussi, les caractéristiques de l’environnement bâti peuvent nuire à l’accessibilité, notamment lorsqu’il est question de déplacements actifs ou de déplacement chez les personnes à mobilité réduite. Quelles sont les situations les plus fréquemment observées dans les territoires périphériques et de banlieue? Voilà quelques-uns des enjeux abordés dans ce colloque.
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