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Juan Manuel Montiel Leon : Université de Montréal
Les néonicotinoïdes sont une nouvelle génération d’insecticides hydrosolubles et faiblement bioaccumulables. Les premières études semblaient indiquer que ces derniers présentaient une relative innocuité pour les organismes non ciblés, ceci leur permettant d’être placés parmi les insecticides les plus vendus en 2008. Cette utilisation massive des néonicotinoïdes dans l’environnement a probablement impacté les écosystèmes terrestres et aquatiques. Récemment, les premières conséquences liées à cette utilisation accrue ont frappé les pollinisateurs naturels tels que les abeilles domestiques. De nombreuses espèces d’insectes pourraient en outre être affectées, ce qui pourrait également nuire aux populations d’oiseaux et autres petits prédateurs insectivores.
Compte tenu de ces découvertes, les organismes internationaux ont établi des normes de qualité pour l’eau et d’autres produits de consommation, les limites fixées étant généralement de l’ordre de la dizaine de ng·L-1, ce qui nécessite la mise en œuvre de méthodes d’analyse sensibles.
Le présent travail de recherche consistait à développer des méthodes analytiques sensibles et rapides par chromatographie liquide ultra-haute performance couplée à la spectrométrie de masse en tandem. L’application de ces méthodes a permis de documenter les niveaux et profils d’insecticides néonicotinoïdes dans les eaux de surface et l’eau potable au Québec, les fruits et légumes, ainsi que d’autres produits de consommation.
Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.
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