Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Louise Hénault-Ethier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les pesticides sont par définition toxiques. On s’ingénue à quantifier leur toxicité avec des tests toxicologiques ciblés et nos gouvernements mettent en place des normes pour l’exposition humaine et environnementale censées protéger nos populations. Les risques sont jugés acceptables si on ne peut identifier un problème de sécurité avec un haut niveau de certitude mais qu’en revanche, un produit se montre efficace. Mais voilà que dans plusieurs juridictions, certaines substances actives sont interdites, tandis qu’elles continuent d’être homologuées au Canada. Plusieurs rapportent que les agro-industriels responsables des tests toxicologiques en vue de l’homologation des pesticides sont en conflit d’intérêt, et certains gouvernements se disent impuissants face à des géants internationaux. Enfin, chaque substance active est testée isolément, même si l’on sait qu’elle est utilisée en formulation avec d’autres produits chimiques, et qu’ultimement, dans notre environnement, les êtres vivants seront réellement exposés à un cocktail de pesticides et autres produits toxiques dont on connait très mal les conséquences. Tandis que nos gouvernements se font blâmer pour une gestion déficiente des pesticides, comment pourrions-nous réformer notre système de gestion des pesticides et notre système de production agricole pour minimiser concrètement les risques liés à l’utilisation des pesticides? Cette conférence tentera d’offrir des pistes de réflexion à cette problématique criante.
Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.
Titre du colloque :
Thème du colloque :