pen icon Colloque
quote

Politique de la rue : des Indignés à Occupy

PD

Membre a labase

Pascale Dufour : Université de Montréal

Résumé de la communication

Du campement des Indignados de Puerta del Sol aux Nuits Debout parisiennes, en passant par Occupy Wall Street ou Occupy Montréal : depuis 2011, de nombreuses mobilisations ont investi l’espace public pour réclamer et mettre en pratique de nouvelles formes démocratiques. Malgré la diversité des contextes politiques et socio-économiques dans lesquels ils émergent, ces mouvements ont en commun de dénoncer les limites d’une démocratie représentative en crise et de revendiquer une « démocratie réelle ». Les manifestants ont partout organisé des assemblées sur les places publiques pour mettre en pratique de nouvelles formes démocratiques qu’ils appellent de leurs vœux. Quel premier bilan peut-on tirer de ces mobilisations près de cinq ans après leur émergence ? Sont-elles parvenues à intervenir dans le jeu politique traditionnel et à impulser un renouvellement de la démocratie par le bas ? Cette communication s’appuie un ouvrage collectif que nous avons coordonné avec Marcos Ancelovici et Héloïse Nez sur les mouvements Indignés et Occupy en Europe et en Amérique du Nord. Ce livre met en commun les travaux de chercheurs ayant suivi ces mobilisations en Espagne, en Grèce, en Irlande, en France, en Israël, aux États-Unis et au Canada. Il ressort de cette comparaison internationale un certain nombre de caractéristiques communes, qui nous ont incités à regrouper les Indignés et Occupiers au sein d’une même famille de mouvements sociaux. Après avoir présenté les conditions d’émergence de ces mobilisations, nous verrons les liens qu’elles entretiennent entre elles et interrogerons finalement leur influence sur l’action politique.

Résumé du colloque

Tant à des fins analytiques que militantes, la notion de néolibéralisme est de plus en plus utilisée en sciences sociales et dans l’espace public pour désigner l’évolution actuelle de nos économies — en y associant, entre autres, l’augmentation des inégalités, la montée d’un individualisme méritocratique qui vient justifier ces mêmes inégalités, etc. Par l’entremise d’une réflexion sur le néolibéralisme comme stratégie de relance économique et mode de gouvernement, notre séance se propose d’étudier l’état de nos sociétés depuis la crise financière de 2008. Nous traiterons donc des rapports entre la financiarisation des économies capitalistes avancées et l’augmentation des inégalités qui s’y observe depuis quelques décennies ainsi que des croisements entre cet accroissement des inégalités socioéconomiques et le renforcement d’autres axes d’inégalité tels que le genre et la race. L’effet du néolibéralisme nous semble double, soit, d’une part, de contribuer à l’augmentation notable des inégalités et, d’autre part, de rendre difficile la dénonciation de ces mêmes inégalités en fonction d’identités collectives incarnées par des groupes de revendication, des syndicats et des mouvements sociaux. Nous conclurons en examinant les manières de résister au système néolibéral, en proposant notamment des articulations entre les différentes forces progressistes et en promouvant d’autres formes de vivre-ensemble.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
manager icon Responsables :
Barry Eidlin
Discutant-e- de la session : Barry Eidlin
section icon Date : 10 mai 2017

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :