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Camille Trudelle : UQAM - Université du Québec à Montréal
Instagram constitue la plateforme la plus populaire parmi les jeunes internautes. Son interface insiste énormément sur le partage de contenus visuels pouvant obtenir une importante viralité. Le thème de l'alimentation y est prégnant et de nombreux instagrammeurs diffusent leurs productions autour de mots-clic tels #faitmaison #healthy #santé #eatclean #cleaneating. Ce phénomène socioculturel ne va pas sans intéresser les marques, qui réfléchissent aux moyens d'intégrer ces contenus. L'une des formes ambiguës de leur présence concerne l'association à des comptes populaires sous la forme de placements de produits ou de partenariats plus ou moins explicités. Comment les internautes appréhendent-ils ces contenus et sous quelles conditions les acceptent-ils ? Cette communication proposera les résultats d'une étude exploratoire menée auprès d'utilisateurs québécois.
L’adolescence est une période où les jeunes renégocient leur rapport à l’alimentation (Baril et coll., 2014). Leurs besoins nutritifs évoluent, ils sont plus intéressés par ce qu’ils mangent et ils s’engagent dans des expériences gustatives hors foyer. Les choix alimentaires permettent alors l’affirmation d’une nouvelle autonomie (Mathiot, 2012). La famille demeure un espace de socialisation privilégié en matière d’alimentation (Belorgey, 2011) puisqu’elle est responsable de l’achat des aliments, de la préparation et de la prise des repas, et que les cultures alimentaires se transmettent de génération en génération (Diasio et Pardo, 2009). Au moyen de pratiques médiatiques plus autonomes, les adolescents sont exposés aux discours des acteurs de la sphère marchande, comme l’industrie agroalimentaire. Ces acteurs proposent des produits ciblant la clientèle adolescente et font la promotion de certains modèles alimentaires et corporels (Le Breton, 2013). On assiste également à la multiplication d’émissions présentant recettes et conseils alimentaires à la télévision et dans Internet (Cohen, 2015; Pollan, 2013), une offre à laquelle contribuent les jeunes (Abbar et coll., 2015). À ces discours s’ajoutent ceux de la santé publique et communautaire, dont les interventions ont notamment visé à améliorer l’offre alimentaire dans les environnements scolaires et à promouvoir la saine alimentation auprès des jeunes (Ogilvie et Eggleton, 2016). Comment les adolescents s’approprient-ils les multiples discours souvent contradictoires sur l’alimentation qui circulent dans les espaces public et privé? Comment développer des interventions qui puissent les soutenir dans la construction de choix alimentaires autonomes? Les pratiques alimentaires impliquent en effet l’apprentissage d’un ensemble d’habiletés (culinaires, socioculturelles, gastronomiques, commerciales, techniques, critiques et corporelles), renvoyant au fait social global (Poulain, 2002) et constitutives des littératies alimentaires (Lemieux, 2014).
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