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Pratiques sociales de l’écrit ou littératies multimodales

CV

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Charline VAUTOUR : Université de Moncton

Résumé de la communication

Dans une perspective socioculturelle, certains concepts liés à l’écrit et aux littératies se chevauchent. Les membres du groupe New Literacy Studies (Street, 1984) renvoient les pratiques de l’écrit aux manières culturelles des personnes, seules ou en interaction, de mobiliser l’écrit à priori et d’autres modes d’expression, ainsi qu’aux contextes dans lesquels cette mobilisation se déroule. Le concept plus récent de littératies multimodales, référant comme le précédent à la construction de sens, souligne l’action des personnes dans leurs contextes socioculturels spécifiques et la façon dont elles intègrent plusieurs modes sémiotiques, dont l’oral, l’écrit, d’autres modes visuels et l’auditif (Dagenais, 2012). Ce chevauchement conceptuel, ainsi que l’écrit proprement dit au centre des recherches dans le domaine et des interventions en éducation de base des adultes, pose des défis d’ordres épistémologique et pratique. Un premier défi repose sur la conception de l’écrit comme étant omniprésent dans les contextes sociaux, car plusieurs autres modes sémiotiques sont omniprésents dans les activités de la vie courante et, pour certaines personnes, leurs usages peuvent compenser des difficultés d’écriture (Vautour, 2014). Un autre défi, d’ordre pratique, se pose dans les milieux de l’éducation, alors que l’approche répandue centrée sur les compétences liées à l’écrit limite la reconnaissance d’autres modes sémiotiques mobilisés dans des contextes spécifiques de vie courante.

Résumé du colloque

L’écrit et la littératie des adultes et des jeunes adultes peuvent être vus comme constitutifs d’un vaste domaine de pratiques et de recherches. Le sens des notions et des concepts qui sont rattachés à l’écrit diffère selon les communautés de recherche et les langues, mais aussi selon les approches, c’est-à-dire les manières générales d’aborder un objet d’étude (systèmes de significations, concepts, méthodes, discipline de référence). Ces différences posent de nombreux défis d’ordre épistémologique et méthodologique, de même que pour le travail d’appropriation par les milieux de l’intervention. Fraenkel et Mbodj (2010) ainsi que Barton et Papen (2010) ont entamé une discussion sur les divergences et convergences entre les concepts mobilisés dans les sphères francophones et anglophones de recherches sur les pratiques de l’écrit et la littératie. Une réflexion a aussi été amorcée (Mercier et Bélisle, 2015) sur les approches dites cognitive et socioculturelle de l’écrit et de la littératie. Si la première, dominante, est centrée sur les compétences et fait des emprunts à la psychologie cognitive, la seconde fait des emprunts à la sociologie et à l’anthropologie pour comprendre les activités ou pratiques des individus ou des collectivités dans un contexte spécifique d’usage de l’écrit. En même temps, certains travaux laissent présager un rapprochement de paradigmes entre ces deux approches.

Ainsi, le but de ce colloque est de faire le point sur les concepts mobilisés dans les recherches sur l’écrit et la littératie conduites avec une approche socioculturelle, notamment dans le contexte franco-américain. Il s’articule autour de deux axes de convergences :

– l’axe du sens des notions et des concepts, incluant leur flou sémantique, dans les sphères anglophones et francophones des recherches sur l’écrit ou la littératie;

– l’axe des approches socioculturelles de l’écrit et de la littératie, incluant les possibles rapprochements de paradigmes avec les approches qui s’intéressent aux compétences.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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