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Sébastien Pétrie : uqam
Les pesticides sont de juridictions partagées entre le fédéral et le provincial, chacune avec ses compétences propres mais aussi, chacune avec leurs univers de sens. Un examen de l’encadrement des pesticides ne peut se faire en examinant que leurs seules compétences, nous devons porter un regard sur le choix des termes utilisés pour construire les lois et règlements. Les définitions à la base des différentes lois et règlements seront analysées afin de mettre en lumière la portée et les limites des dispositifs législatifs et réglementaires canadiens et québécois. La double définition du terme antiparasitaire dans la législation canadienne constitue un des éléments des limites des lois sur les pesticides. Dans le but d’avoir une meilleure compréhension de l’encadrement des pesticides au Canada et au Québec, nous identifierons certains éléments clés de la construction des politiques publiques. L’examen de la législation nous oriente sur l’importance légale de l’étiquette élaborée par les fabricants de pesticides. De plus, nous porterons un regard critique sur la construction des différentes normes en matière de pesticides dans l’eau et l’alimentation.
Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.
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