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Chantal Ouellet : UQAM - Université du Québec à Montréal
Quiconque s’intéressant aux recherches sur la littératie et l’écrit en général et chez les jeunes adultes, en particulier, aura tôt fait de constater l’existence de ces deux univers qui se côtoient : soit l’approche socioculturelle et l’approche cognitive (Mercier et Bélisle, 2015). Ces deux approches continuent de cohabiter dans d’importants congrès internationaux, en particulier, en écriture (Writing Research across Borders, 2017) où les frontières semblent particulièrement étanches sur les plans théorique et conceptuel mais où des tables rondes donnent néanmoins lieu à quelques tentatives de rapprochement. C’est davantage du côté d’approches pédagogiques en lecture en milieu scolaire (Schoenbach, Greenleaf et Murphy, 2012) que des convergences peuvent s’établir. En effet, il est possible de vivre une situation d’apprentissage permettant le développement de la «compétence» à lire au moyen de «stratégies» de lecture à la suite d’un «enseignement explicite» (et s’appuyant par le fait même sur une approche cognitive) dans une séquence où la lecture est aussi envisagée comme une pratique sociale enseignée selon des principes résolument socioconstructivistes. L’analyse d’une approche à succès développée aux Etats-Unis et expérimentée au Québec (Ouellet et al., 2016) lors de projets de recherche-action dans différents contextes d’enseignement à de jeunes adultes tentera de démontrer comment s’actualise cette coexistence pacifique.
L’écrit et la littératie des adultes et des jeunes adultes peuvent être vus comme constitutifs d’un vaste domaine de pratiques et de recherches. Le sens des notions et des concepts qui sont rattachés à l’écrit diffère selon les communautés de recherche et les langues, mais aussi selon les approches, c’est-à-dire les manières générales d’aborder un objet d’étude (systèmes de significations, concepts, méthodes, discipline de référence). Ces différences posent de nombreux défis d’ordre épistémologique et méthodologique, de même que pour le travail d’appropriation par les milieux de l’intervention. Fraenkel et Mbodj (2010) ainsi que Barton et Papen (2010) ont entamé une discussion sur les divergences et convergences entre les concepts mobilisés dans les sphères francophones et anglophones de recherches sur les pratiques de l’écrit et la littératie. Une réflexion a aussi été amorcée (Mercier et Bélisle, 2015) sur les approches dites cognitive et socioculturelle de l’écrit et de la littératie. Si la première, dominante, est centrée sur les compétences et fait des emprunts à la psychologie cognitive, la seconde fait des emprunts à la sociologie et à l’anthropologie pour comprendre les activités ou pratiques des individus ou des collectivités dans un contexte spécifique d’usage de l’écrit. En même temps, certains travaux laissent présager un rapprochement de paradigmes entre ces deux approches.
Ainsi, le but de ce colloque est de faire le point sur les concepts mobilisés dans les recherches sur l’écrit et la littératie conduites avec une approche socioculturelle, notamment dans le contexte franco-américain. Il s’articule autour de deux axes de convergences :
– l’axe du sens des notions et des concepts, incluant leur flou sémantique, dans les sphères anglophones et francophones des recherches sur l’écrit ou la littératie;
– l’axe des approches socioculturelles de l’écrit et de la littératie, incluant les possibles rapprochements de paradigmes avec les approches qui s’intéressent aux compétences.
Titre du colloque :