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Nicolas Comtois : Université de Montréal
Les Méditations métaphysiques ont pour caractéristique de susciter l’équivoque. Traité d’apologétique chrétienne ou discours sceptique « masqué » ? Preuves de l’existence de l’âme et de Dieu ou principes de la physique ? Le moyen de lever ces ambigüités, selon Descartes, est de prêter attention à leur titre : « j'ai plutôt écrit des Méditations que des disputes ou des questions […] afin de témoigner par là que je n'ai écrit que pour ceux qui se voudront donner la peine de méditer avec moi sérieusement et de considérer les choses avec attention » (Réponses aux Secondes objections). Cette solution constitue un problème pour le lecteur moderne. Qu’est-ce au juste que « méditer » ? Nous tenterons d’éclairer cette question, préliminaire à une lecture méditative des Méditations, au cours de notre exposé. Nous nous pencherons d’abord sur les origines de la méditation dans la philosophie antique ; la terminologie utilisée par Descartes lorsqu’il est question de méditation montre qu’il en avait connaissance. Nous nous intéresserons ensuite aux manuels de dévotion, dont on peut trouver des « échos » dans les Méditations de Descartes. Nous nous attarderons finalement à deux modèles chrétiens de méditation, les Exercices spirituels d’Ignace de Loyola et la spiritualité d’Augustin d’Hippone. Ces modèles, en apparence, sont contradictoires ; nous montrerons que chacun trouve néanmoins sa place dans la philosophie de Descartes.
Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec
Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.
Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.
Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.