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Rachel Bélisle : Université de Sherbrooke
Dans la francophonie, le vocable de « rapport à l’écrit » peut être associé aux travaux en sociologie sur le rapport au savoir de Charlot (1997), en didactique à celui de rapport à l’écriture de Barré-de-Miniac (2000) et en alphabétisation à ceux de Besse sur l’appropriation de l’écrit (1995). Ce construit peut être défini comme « un ensemble de relations avec l’écrit objet et mode d’inscription dans le monde, de structuration de la pensée, de communication et d’expression (Bélisle, 2006, p. 146) et l’appropriation de l’écrit comme le « processus constitutif du rapport à l’écrit » (Ibid., p. 150). Il est apparu comme particulièrement intéressant pour les études en éducation en milieux communautaires, là où les usages de l’écrit relèvent très peu du « apprendre l’écrit », mais de l’écrit pour apprendre et de l’écrit en appui à la vie courante, selon les catégories proposées par Barton, Ivanič, Appleby, Hodge et Tutsting (2007). En effet, ce construit permet d’étudier à la fois le rapport à l’écrit des personnes intervenantes et celui d’adultes engagés dans divers apprentissages. Notre communication propose de tracer son évolution dans quelques travaux empiriques des 15 dernières années au Québec et de le mettre en relation avec les construits de pratiques de l’écrit et sponsors de l’écrit. Nous aborderons les défis d’usage scientifique et dans la formation des acteurs, défis relevant à la fois du chevauchement de plusieurs disciplines et du métissage conceptuel.
L’écrit et la littératie des adultes et des jeunes adultes peuvent être vus comme constitutifs d’un vaste domaine de pratiques et de recherches. Le sens des notions et des concepts qui sont rattachés à l’écrit diffère selon les communautés de recherche et les langues, mais aussi selon les approches, c’est-à-dire les manières générales d’aborder un objet d’étude (systèmes de significations, concepts, méthodes, discipline de référence). Ces différences posent de nombreux défis d’ordre épistémologique et méthodologique, de même que pour le travail d’appropriation par les milieux de l’intervention. Fraenkel et Mbodj (2010) ainsi que Barton et Papen (2010) ont entamé une discussion sur les divergences et convergences entre les concepts mobilisés dans les sphères francophones et anglophones de recherches sur les pratiques de l’écrit et la littératie. Une réflexion a aussi été amorcée (Mercier et Bélisle, 2015) sur les approches dites cognitive et socioculturelle de l’écrit et de la littératie. Si la première, dominante, est centrée sur les compétences et fait des emprunts à la psychologie cognitive, la seconde fait des emprunts à la sociologie et à l’anthropologie pour comprendre les activités ou pratiques des individus ou des collectivités dans un contexte spécifique d’usage de l’écrit. En même temps, certains travaux laissent présager un rapprochement de paradigmes entre ces deux approches.
Ainsi, le but de ce colloque est de faire le point sur les concepts mobilisés dans les recherches sur l’écrit et la littératie conduites avec une approche socioculturelle, notamment dans le contexte franco-américain. Il s’articule autour de deux axes de convergences :
– l’axe du sens des notions et des concepts, incluant leur flou sémantique, dans les sphères anglophones et francophones des recherches sur l’écrit ou la littératie;
– l’axe des approches socioculturelles de l’écrit et de la littératie, incluant les possibles rapprochements de paradigmes avec les approches qui s’intéressent aux compétences.
Titre du colloque :