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Reinhart Koselleck et la conflictualité du conceptuel

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François Clec'h : Université de Montréal

Résumé de la communication

Tout concept participe d’une expérience historique, mais sans la recouvrir complètement. Son potentiel de significations est toujours plus ou moins en excès par rapport à l’expérience historique qu’il désigne. C’est dire qu’un concept est polysémique, qu’il est ouvert aux déterminations de chaque présent successif – les significations passées s’y trouvant alors comme sédimentées, en latence. Parce qu’il offre une prise sur le réel, un concept agit en retour sur la réalité qui l’a rendu possible. En témoignent ces néologismes forgés au XIXe siècle – comme républicanisme (Kant) ou socialisme – qui ne servent pas tant à désigner une réalité concrète qu’à saisir un changement en cours et imprimer un sens à l’action. Or l’expérience de l’histoire est irréductiblement plurielle, et c’est justement là où les expériences du présent et les visions d’avenir divergent que les concepts peuvent devenir et deviennent effectivement des « concepts de combat » (Kampfsbegriffe) à l’efficacité redoutable, des armes sans égales au sein de l’arène politique. Suivant R. Koselleck, l’un des pères de l’histoire des concepts (Begriffsgeschichte), les concepts peuvent ainsi être envisagés comme les expressions et les véhicules de conflits politiques et sociaux. Interroger l’historicité de nos concepts et la conflictualité dont ils sont potentiellement porteurs, c’est en même temps comprendre notre propre actualité.

Résumé du colloque

Preuve, témoignage et vérité : congrès annuel de la Société de philosophie du Québec

Toutes les connaissances développées au cours du temps sont le résultat du génie humain. Même si nous avons maintenant tendance à les tenir pour acquises, l’ensemble de nos vérités s’est constitué au cours d’un processus d’évaluation, de critique, de recherche et de raffinement sans lequel aucune d’entre elles n’aurait pu voir le jour.

Au centre de ce processus se trouvent la preuve et le témoignage, deux notions qui jouent un rôle décisif dans l’établissement des vérités au centre de la connaissance. La vérité dépend en effet des critères que nous avons pour distinguer le vrai du faux, et parmi ces critères, la preuve et le témoignage sont constamment invoqués à l’appui des affirmations que nous faisons dans les différentes disciplines du savoir humain. Cela signifie en bref que, sans témoignages ni preuves, la vérité confine à la fiction.

Réfléchir aux notions de preuve et de témoignage, c’est ainsi faire une contribution essentielle à l’avancement des connaissances en fournissant une compréhension accrue et raffinée des critères de la science. Distinguer un témoignage valable d’un témoignage suspicieux ou insuffisant, une preuve fiable d’une preuve invalide ou incomplète, fournit aux savants une meilleure compréhension de la vérité et des manières d’y parvenir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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