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Jonathan Durand Folco : Université Saint-Paul
Lorsqu’il vient le temps de proposer une alternative globale au projet néolibéral, les mouvements sociaux et la gauche radicale se trouvent souvent au dépourvu, avec une série de revendications immédiates et des réformes qui peinent à s’articuler dans une vision globale, claire et cohérente d’un système postcapitaliste. C’est à cette lacune que nous souhaitons pallier en esquissant les contours d’une société écosocialiste et postcroissance, par une synthèse de trois perspectives issues de traditions politiques différentes : la démocratie économique, les communs et la dotation inconditionnelle d’autonomie. Dans un premier temps, nous mettrons en évidence le besoin de démocratiser les lieux de travail et les entreprises, de même que les mécanismes de régulation économique à l’échelle municipale, régionale et nationale, en combinant le contrôle public du système financier et monétaire et une décentralisation participative. Dans un deuxième temps, nous soulignerons l’importance de compléter cette démocratie économique par l’institution de multiples « communs » pour gérer collectivement plusieurs biens matériels et immatériels (naturels, sociaux, culturels et numériques). Dans un troisième temps, nous proposerons l’instauration d’une « dotation inconditionnelle d’autonomie » comme alternative à la position classique du revenu de base, afin d’accélérer la transition vers une société émancipée.
Tant à des fins analytiques que militantes, la notion de néolibéralisme est de plus en plus utilisée en sciences sociales et dans l’espace public pour désigner l’évolution actuelle de nos économies — en y associant, entre autres, l’augmentation des inégalités, la montée d’un individualisme méritocratique qui vient justifier ces mêmes inégalités, etc. Par l’entremise d’une réflexion sur le néolibéralisme comme stratégie de relance économique et mode de gouvernement, notre séance se propose d’étudier l’état de nos sociétés depuis la crise financière de 2008. Nous traiterons donc des rapports entre la financiarisation des économies capitalistes avancées et l’augmentation des inégalités qui s’y observe depuis quelques décennies ainsi que des croisements entre cet accroissement des inégalités socioéconomiques et le renforcement d’autres axes d’inégalité tels que le genre et la race. L’effet du néolibéralisme nous semble double, soit, d’une part, de contribuer à l’augmentation notable des inégalités et, d’autre part, de rendre difficile la dénonciation de ces mêmes inégalités en fonction d’identités collectives incarnées par des groupes de revendication, des syndicats et des mouvements sociaux. Nous conclurons en examinant les manières de résister au système néolibéral, en proposant notamment des articulations entre les différentes forces progressistes et en promouvant d’autres formes de vivre-ensemble.
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