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Gabriel Girard : Université de Montréal
Au cours des 10 dernières années, les normes de prévention du VIH/sida parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes ont été bouleversé par la « pharmaceuticalisation » croissante des options de réduction des risques. Le concept de traitement comme prévention se décline aussi bien pour les personnes vivant avec le VIH (autour de la notion de charge virale indétactable), qu’auprès des personnes séronégatives, avec la PrEP. Dans cette communication, on s’interrogera sur la manière dont la PrEP comme technologie biomédicale contribue à redéfinir les relations sociales entre homosexuels et de nouvelles formes de subjectivation. La prise d’un médicament préventif transforme en effet en profondeur les conceptions de la confiance et de défiance associées aux rapports sexuels et au risque de transmission du VIH.
Ce faisant, ces développements biomédicaux nous offre une opportunité idéale pour envisager la façon dont les recherches récentes en prévention – notamment les essais contre placebo – façonnent (et sont façonnées par) des conceptions de la sexualité et du risque. La communication s’appuiera sur une étude ethnographique de longue durée des controverses autour de la PrEP en France et au Québec.
Ce colloque vise à ouvrir un espace d’échange parmi les chercheurs en sciences sociales francophones travaillant sur les questions de sexualité. L’objectif est de discuter à la fois des conditions sociales de la production des savoirs et des manières de faire la recherche sur le sujet.
Les recherches sur les enjeux sexuels ont désormais acquis un statut légitime au sein des disciplines de sciences sociales. Si l’épidémie de VIH/sida a constitué un levier important pour le financement et le développement de ces travaux dans les années 1980 et 1990, les thématiques et les intérêts sont aujourd’hui très diversifiés : conjugalité, violences, santé-prévention, pornographie, rencontres en ligne, travail du sexe, etc. Cette diversification se traduit également par un morcellement du domaine, peu propice à des réflexions théoriques transversales.
Durant ce colloque, nous proposons d’effectuer un pas de côté relativement aux objets de recherche pour mieux saisir les logiques de la production des savoirs autour de la sexualité. Les différentes sessions aborderont donc ces dimensions épistémologiques et méthodologiques. Ancré dans les contextes francophones, le colloque permettra de s’interroger sur les circulations intellectuelles au sein de différents contextes nationaux. On s’intéressera également à la pratique de la recherche à travers les questionnements autour de la subjectivité du chercheur et des enjeux éthiques, mais aussi des innovations méthodologiques. Enfin, une attention particulière sera portée aux disciplines de la sexualité : anthropologie, criminologie, histoire, sciences politiques, sexologie, sociologie, travail social, etc. En d’autres termes, on abordera la manière dont les sciences sociales produisent du savoir sur le sujet, en particulier dans des environnements scientifiques ou des projets pluridisciplinaires.
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