Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Martin Blais : Chaire de recherche sur la diversité sexuelle et la pluralité des genres
Le projet culturel qui définit la conjugalité depuis le XVIIIe siècle a pris la forme d’une relation de réciprocité entre deux personnes, mue par la passion amoureuse et sexuelle et inscrite dans la domesticité. Ce projet de la conjugalité s’est construit à travers les sémantiques popularisées dans divers produits culturels tels que les romans, les feuilletons, les films ou les séries télévisées. Ces sémantiques sont considérées à la fois comme un reflet du projet culturel de la conjugalité dans une société et comme un moteur de sa transformation. Afin de décrire le répertoire des sémantiques de la conjugalité circulant dans le public québécois, nous avons analysé la télésérie La Galère, qui contient 62 épisodes de 45 minutes. Les principales étapes ayant guidé cette analyse, inspirées de la théorisation ancrée, sont l’échantillonnage des épisodes pertinents ; la codification des scènes ayant un contenu lié à l’intimité conjugale, sexuelle, sentimentale ou domestique, et leur regroupement sous ces quatre thèmes fédérateurs ; le regroupement des codes en catégories conceptuelles au sein des thèmes fédérateurs ; la rédaction de mémos d’analyse relatifs aux catégories et biographies intimes des protagonistes ; l’identification des sémantiques par la comparaison des catégories conceptuelles aux concepts théoriques qui leur font écho. Nous ferons état des tâches spécifiques à ces étapes, des défis qui se posent à leur réalisation et des modalités de leur résolution.
La production de téléséries et de webséries est particulièrement florissante. Cette prolifération résulte entre autres du développement des chaînes spécialisées comme HBO ou Showcase, puis des sites de lecture continue (streaming) comme Netflix, iTunes, Amazon et le site HBO. Non seulement la production de séries est en forte croissance, mais les nouveaux modes de distribution ont contribué à l’accessibilité accrue et aux nouvelles possibilités de visionnement, et ils ont fourni de nouvelles possibilités d’interaction entre le public et les producteurs des séries, notamment via les réseaux sociaux (Perticoz et Dessinges, 2015). Une telle prolifération témoigne de l’importance de ces produits culturels dans le paysage télévisuel contemporain (Esquenazi, 2009).
De nombreuses disciplines, incluant plus récemment les sciences sociales, prennent les téléséries et webséries pour objet d’étude (Pasquier, 2003). Certaines traditions de recherche traitent ces produits comme des objets d’étude en soi, décodant les représentations et significations véhiculées dans leurs diverses composantes. D’autres traditions centrent leurs analyses autour de la réception de ces produits et de leurs impacts sur la transformation des normes et des conduites. La fonction et les impacts sociaux et culturels des séries, notamment dans la reproduction et la transformation des normes du vivre-ensemble, sont régulièrement mis en question (Combes, 2013). Paradoxalement, alors que certaines perspectives présentent les séries comme des produits de la société et de la culture, d’autres présentent la société et la culture comme des produits des séries. Les méthodes développées pour réaliser ces travaux s’inscrivent dans des traditions scientifiques et des postures épistémologiques variées dont le panorama reste à tracer (Sepulchre, 2011).
Ce colloque vise à réunir des chercheuses et chercheurs qui prennent les téléséries et webséries pour objet autour de deux axes : 1) les approches techniques du traitement d’un matériau audiovisuel selon qu’il porte sur les contenus ou la structure narrative, la mise en scène, l’image, etc.; et 2) les fondements épistémologiques de ces approches, les représentations de l’interaction entre produits audiovisuels et sociétés qu’elles sous-tendent.
Titre du colloque :
Thème du colloque :