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Sur la culture et la religion anabaptiste

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Raphaël Mathieu Legault Laberge

Résumé de la communication

Si certains auteurs proposent une analyse particulariste des termes culture et religion, s’efforçant d’associer ces deux concepts (Fillion, 1990; Peelman, 2007), d’autres s’attachent à une analyse universaliste des mêmes concepts et s’efforcent de les dissocier (Roy, 2008). Ces approches diamétralement opposées suggèrent la persistance d’une problématique concernant les concepts fondamentaux que sont la culture et la religion. Je propose, dans cette communication, d’analyser ces termes en les contextualisant dans l’espace anabaptiste contemporain : comment dialectiser les concepts de culture et de religion dans l’espace anabaptiste? En ce sens, le terme « culture anabaptiste » renvoie à un champ hautement diversifié et des plus incertains en lui-même puisqu’il réunit sous un même vocable de nombreux groupes ethnoculturels qui s’avèrent très différents les uns des autres (Kraybill, 2010). En me fondant sur l’espace anabaptiste contemporain exploré notamment lors de travaux ethnographiques, je suggère ici une réflexion anthropologique à propos de la culture et de la religion comprises dans des dynamismes modernes qui s’opposent à une conception fixiste du devenir humain. Je tenterai de montrer comment la matrice de la modernité (Simard, 1988) plonge les groupes anabaptistes dans une réarticulation contextuelle de leur culture et de leur religion sans toutefois dissocier ces deux concepts.

Résumé du colloque

Si les premiers penseurs des sciences sociales des religions (Tylor, Durkheim) se sont d’abord penchés sur les sociétés dites « primitives », c’est parce qu’implicitement ils assimilaient culture et religion. Les travaux de Weber sur les liens entre religion et système économique participent de cette perspective, bien qu’élargissant la notion de culture. Les études sur les monothéismes et leurs prétentions universalistes amènent toutefois à s’interroger sur l’articulation entre le religieux et le culturel. L’intérêt que les sociétés occidentales portent aux traditions liées à des aires culturelles du Sud a également mis en évidence l’influence du paradigme chrétien sur la définition même de la religion. Alors que, dans la foulée de la modernité et de la globalisation, le thème de la dissociation religion/culture constitue désormais une rhétorique partagée par les acteurs religieux, force est de constater que les religions elles-mêmes tendent à repenser la pertinence et l’opportunité de s’inscrire dans des systèmes culturels locaux (théorie de l’inculturation catholique, réappropriation des idiomes locaux par les pentecôtismes, construction d’un islam moderniste, etc.) et, le cas échéant, les modalités de cette insertion. La sécularisation et la diversification religieuse des sociétés contemporaines complexifient le paysage en favorisant l’apparition de combinaisons symboliques rendues inédites par des jeux d’innovation du croire et de la pratique. Certains auteurs identifient des traits de religiosité dans des pratiques de l’ordinaire apparemment sécularisées. Un tel chevauchement se diffracte également dans les choix et modèles d’inclusion du religieux dans le lien social. Ce colloque organisé par la Société québécoise pour l’étude de la religion se veut un espace d’échanges interdisciplinaires sur les articulations et tensions qui animent la dynamique religion et culture.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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