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Une stratégie efficace pour réduire l’usage des pesticides

JC

Membre a labase

Jean Cantin : CREPPA

Résumé de la communication

Beaucoup d’argent et d’efforts sont investis pour réduire les risques et les usages des pesticides. Les expertises acquises permettent leur réduction dans plusieurs des cas. Toutefois, le recours à ces expertises est parfois onéreux et demeure « volontaire ». Même s’il est d’usage de penser que la recommandation de pesticides soit un champ d’expertise réservé uniquement aux agronomes, il est exceptionnel de voir sur le terrain une recommandation d’application de pesticides signée par un agronome. Les producteurs agricoles ont la liberté d’acheter au comptoir de vente et d’appliquer tous les pesticides homologués pour leurs cultures tant et aussi longtemps qu’ils se conforment à la prescription de l’étiquette du produit à appliquer, et qu’ils disposent d’un permis d’utilisation délivré par le MDDELCC.

L’usage des pesticides en agriculture est en réalité soumis aux seules règles du marché où les profits prédominent sur les impacts que ces produits ont sur notre santé et notre environnement. Aucun principe de précaution n’est pris en compte dans la décision d’appliquer ou pas un pesticide. Aucun levier légal ne force le choix d’un pesticide tout aussi efficace, mais à moindre risque, en comparaison à un autre plus à risque. Au Québec, des volumes non négligeables de pesticides sont épandus chaque année sans aucune justification agronomique ou scientifique au préalable. Cette situation peut et doit changer!

Résumé du colloque

Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2017 (85e édition) :
Vers de nouveaux sommets
section icon Date : 10 mai 2017

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