Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Audrey Perreault : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le nombre de raccrocheurs inscrits en formation à distance (FAD) de niveau secondaire au Québec est en forte croissance depuis 1997, passant d’environ 10 000 inscriptions à 45 000 pour l’année 2012 (Saucier, 2013). Quatre instances institutionnelles produisent des documents s’adressant aux concepteurs des dispositifs, ainsi qu’aux personnes accompagnant ces raccrocheurs dans leur parcours dans le but d’assurer leur réussite : le Gouvernement du Québec, le Conseil Supérieur de l’Éducation du Québec, les organismes de recherche et de conception de la formation à distance, ainsi que les chercheurs indépendants s’intéressant à ce type de formation ou à ses élèves.
L’analyse de la documentation produite par ces quatre instances révèle la présence de mots d’ordre tel que défini par Chevallard (1995), c’est-à-dire des assertions bienveillantes vers un idéal de fonctionnement dont les bienfaits restent hypothétiques. Ces mots d’ordre influencent non seulement le dispositif de FAD conçu, mais déterminent certaines attentes envers le travail d’étude de l’élève. Par exemple, les mots d’ordre autonomie, motivation, responsabilisation économique, constituent une attente du dispositif à l’égard de l’attitude de l’élève.
Dans ces documents, le mot d’ordre autonomie apparaît comme une condition de réussite en FAD. Cette communication s’intéresse donc au mot d’ordre autonomie et présente une analyse sémantique de son utilisation à travers les discours écrits des quatre instances.
Le décrochage scolaire a été très étudié au Québec dans une perspective prédictive et épidémiologique. Les chercheurs d’autres pays francophones se sont plus récemment intéressés à cette question. L’objectif de ce colloque est d’engager des collaborations Québec-France sur l’écoute et l’analyse de la parole des jeunes tout au long de leur parcours, depuis avant le décrochage jusqu’au raccrochage en mettant à profit ce décalage temporel. En effet, rares sont les travaux menés sur ces processus vécus de l’intérieur. Que disent les jeunes de leur rapport à l’école, aux formes scolaires? Comment sont-ils accompagnés, qu’en disent-ils? Quels sont les processus sous-jacents?
Les paroles de jeunes, leurs prises de position et ressources discursives
Cet axe caractérisera les paroles de jeunes (à des professionnels ou chercheurs), contemporaines au décrochage ou au raccrochage ou encore rétrospectives. Les jeunes relatent leur parcours scolaire, les événements marquants de leur vie relatifs à leur décrochage potentiel ou effectif. Les propos sont marqués par le discours ambiant et les injonctions psychologisantes, critiques, politiques. Les parcours des jeunes s’appuient sur et contre eux-mêmes, des personnes ou des institutions.
Les mises en récit audiovisuelles du décrochage et du raccrochage scolaires
Des documentaires tels que L’école pour moi (Durand et Desmarais, 2012), Paroles sur le décrochage (Observatoire universitaire international éducation et prévention), la série de télé-réalité Les décrocheurs (ICI, 2013), Les accrocheurs (Radio Canada) ont mis en récit le décrochage et le raccrochage pour un large public (élèves, enseignants, parents, collectivités…). Ces médiations audiovisuelles précisent le problème social de ce thème et offrent des pistes de solution. Comment représentent-elles vulnérabilité, péripéties et solutions personnelles et sociales? Constituent-elles des ressources pour le raccrochage?
Titre du colloque :