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Éric Pineault : UQAM - Université du Québec à Montréal
Nous présenterons les linéaments d'un modèle sociométabolique (Giampetro 2001) de l'agriculture intensive développée dans la vallée du Saint-Laurent combinant grandes cultures céréalières (Maïs-Soja) et élevage intensif hors-sol (porc et volaille). La production primaire céréalière est soutenue par un apport intensif d'intrants pétrochimiques, ayant trois fonctions métaboliques principales : énergiser la machinerie, fournir des nutriments sous forme de minéraux assimilables et « protéger » les cultures avec des pesticides de synthèse. Une partie significative de la production primaire est ensuite convertie en biomasse animale destinée aux marchés d'exportation ou de consommation locale, avec une efficacité de conversion variable. La balance est exportée sous forme de matière brute ou absorbée comme intrant dans l'industrie agroalimentaire. La valeur économique de la filière repose sur la production intensive de ces 3 extrants : biomasse animale (viande), céréales et légumineuses exportées ou transformées. Le modèle socio-métabolique vise à identifier les processus écologiques (incluant les services écosystémiques mobilisés ou perdus) et économiques (intrants, machinerie, heures de travail) nécessaires pour produire la valeur économique finale et vise à mesurer "l'efficacité biophysique" de la production de la valeur économique à partir de quelques indicateurs types. Nous analyserons un flux qui résulte de la production porcine visant le marché d'exportation.
Source croissante de préoccupations sanitaires, environnementales et économiques, les pesticides, révélateurs des enjeux de l’agriculture et de l’alimentation, sont au cœur de vifs débats scientifiques, sociaux et politiques. Au cours des dernières années, les ventes de pesticides à risque pour la santé et l’environnement n’ont cessé d’augmenter dans le monde, nuisant à la biodiversité, à la qualité des sols et de l’eau, et augmentant l’exposition des populations. Or les herbicides à base de glyphosate, de même que plusieurs autres pesticides, ont des effets métaboliques, physiologiques et génétiques démontrés sur la faune et sur l’être humain. Ainsi, tout comme l’atrazine, interdit en Europe depuis 2004, les effets de perturbation endocrinienne du Roundup sont démontrés sur les cellules humaines. Le glyphosate a d’ailleurs été classé comme cancérogène probable par l’Agence internationale de recherche sur le cancer (OMS/CIRC, 2015). Ces effets participent, selon nombre d’études, à l’épidémie de maladies chroniques reconnue par l’OMS. Considérant les connaissances sur les risques de l’usage des pesticides pour la santé et l’environnement ainsi que l’inquiétude qu’elles soulèvent chez différents acteurs sociaux, les réponses des États à ces connaissances et inquiétudes, en plus des lacunes et insuffisances des dispositifs d’évaluation scientifique et des politiques d’encadrement publiques, laissent pour le moins perplexes. Dans la foulée de la nouvelle Stratégie québécoise sur les pesticides 2015-2018 (MDDELCC, 2015) ayant pour objectif de réduire l’utilisation des pesticides les plus à risque autant en agriculture qu’en milieu urbain, nous souhaitons réunir dans ce colloque les principaux acteurs (chercheurs en santé, en environnement et en agronomie, utilisateurs de la recherche, etc.) pour mettre en commun les connaissances sur les effets des pesticides sur la santé et l’environnement ainsi que pour analyser et proposer des alternatives et des stratégies de transition. Nous tenons à remercier sincèrement l’Association canadienne des médecins pour l’environnement, le département de sociologie de l’UQAM et l’Université TÉLUQ pour leur contribution fort appréciée à l’organisation de cet événement.
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